Review
2012, fin du monde selon le calendrier Maya, bizarrement plus on s’en approche plus on prend cette prédiction au sérieux. Sauf que quand on s’appelle Roland Emmerich on y voit surtout matière à sortir le chef d’oeuvre de toute une carrière, LE film catastrophe ultime relayant tous ses modèles à l’état de gentils amusements avec 3 immeubles qui s’effondrent. Et étant donné le talent indéniable du bonhomme pour filmer des catastrophes (on peut lui en reprocher des choses mais pas celle-là) on était en droit d’attendre quelque chose d’impressionnant, d’autant plus que les diverses bandes annonces ne laissaient aucune place au doute: on allait vivre la fin du monde au cinéma! Sorte de plaisir coupable ultime en fait. Surtout qu’on a toujours en mémoire un certain Jour d’Après loin d’être mauvais (tout en étant loin d’être bon c’est vrai) et qui semblait représenter un tournant dans la filmographie de l’allemand, même s’il est retombé dans ses pires travers lors d’un 10.000 de sinistre mémoire. Sauf qu’arrivé au terme des 2h40 de film, on n’a qu’une seule envie, crier au scandale, à l’arnaque, au vol!! Non pas qu’on s’attendait à un chef d’oeuvre, vu l’énergumène aux manettes ce serait naïf, mais on est très très loin du grand spectacle qui nous a été promis. En fait avec le recul la vraie grande qualité de 2012 est qu’il nous permet de re-évaluer à la hausse d’infâmes bouses telles que le Pic de Dante ou Volcano, au même titre que tous ces téléfilms catastrophes diffusées sur M6 aux heures de faible audience. Le pays des blockbusters sans âme et ennuyeux à mourir vient de trouver son roi, et Emmerich confirme (une fois de plus) qu’il est un des plus grands tâcherons d’Hollywood.

2h40 quand on se fait chier c’est très long, et grâce à 2012 on en fait la pénible expérience. Pendant les premières 45 minutes, le réalisateur ne fait ni plus ni moins que répéter l’éternel schéma de ses films, à savoir de longues introductions qui multiplient les personnages à la manière d’un film choral. Aux USA, en France, en Inde, on sent déjà poindre l’ennui devant ces micro-récits auxquels on ne peut pas vraiment prêter d’attention tant ils sont inintéressants. On sait déjà ce qu’il va se passer entre eux avant même le drame pour lequel on patiente, on voit venir le pathos bas de gamme à des kilomètres avec l’écrivain raté, divorcé, qui voit ses gosses de temps en temps, le pauvre génie scientifique indien, le président afro-américain… du déjà vu tellement souvent! Et ça ne s’arrange pas quand Emmerich nous sort la pire collection de clichés possibles qui en vient à provoquer un réel écœurement.
Cela va de l’image des russes qui sont tous des milliardaires et se tapent des jeunes blondes sans cervelle au sauvetage du chien au péril de sa vie (il a un réel problème avec les chiens Roland) en passant au hasard par les suisses qui vont garder les oeuvres d’art, les chinois capables de tout construire en un temps record devenant le dernier espoir de la planète, les réconciliations père/fils à l’aube de la mort, le sacrifice du président qui va se recueillir dans sa chapelle privée ou encore l’illuminé écolo qui vit dans un camping-car et qui savait lui qu’il y avait un complot derrière tout ça. C’est l’indigestion totale, avec le vomi assuré. Mais on se dit qu’on va passer outre tout ce bavardages incessant et qu’on va avoir notre fin du monde démentielle en 5.1, et que rien que pour ça on va l’aimer le film. Sauf que là, c’est la douche froide. Sur ces longues 2h40, on n’a que 40 minutes de catastrophe à se mettre sous la dent, c’est très peu et si on ajoute que les scènes les plus impressionnantes avaient déjà été dévoilées dans les diverses bandes annonces, il devient clair qu’on peut parler d’arnaque.

Comme dans tout film de Roland Emmerich on a droit à une brochette d’acteurs has-been qui cachetonnent, cette fois c’est Danny Glover en président, John Cusack en anti-héros (mais qui devient héros quand même), Thandie Newton (plus never-been que vraiment has-been) en fille du président un peu rebelle mais surtout pas trop. Tous sont mauvais et semblent être là simplement pour leur chèque, à l’exception d’Oliver Platt plutôt convaincant en grosse pourriture mais surtout Woody Harrelson en prophète hippie qui en fait des tonnes dans le surjeu mais qui a le mérite de livrer quelque chose d’intéressant et de paradoxalement naturel. Niveau mise en scène c’est du trompe l’oeil permanent, souvent mou du genou sauf pendant ces fameuses 40 minutes où la caméra vire au rollercoaster, comme d’habitude la bande son sort volontiers les violons jusqu’à outrance, bref c’est du réchauffé sans la moindre prise de risque et sans style.
Emmerich s’essaye en vain au message social en taclant généreusement les riches et les élites sauf que finalement il n’y a qu’eux qui s’en sortent, il tombe dans le happy end le plus crade qui soit toujours dans les pires clichés. Sans même parler de ce message pro-catho permanent du plus mauvais goût. Alors 2012 qu’est-ce qu’on en retiendra? Absolument rien, les scènes de catastrophes sont impressionnantes mais les CGI sont souvent hideux, le film est radin en action et généreux en bavardages sans intérêt. On s’ennuie ferme et jamais on ne ressent le moindre plaisir mais plutôt un profond agacement de revoir encore et toujours la même chose à l’écran, des situations débiles et des personnages creux. On se sent un peu pris pour un con aussi. Vraiment Roland, il faut arrêter là, laisser tomber le futur massacre de Fondation et retourner faire un film d’1h30 avec JCVD, au moins ça pourrait être fun à l’inverse de cette vaste fumisterie.







Merci pour tout, j’ai pris tellement plus de plaisir en lisant ta critique qu’en regardant ma montre devant cette bouse sans nom !!! Un des plus gros navet de ces dernières années sans aucun problème…. Mention spéciale à la scène où Cusack et sa fille échappent au volcan grâce à un camping-car, il fallait y penser !!!
[...] qu’on pouvait craindre. On s’attendait à ce qu’Eastwood nous ponde un truc entre 2012 et Sixième Sens, mais pas du tout finalement. Non, il n’arrive simplement jamais à élever [...]
@cinemarium: Le pire, c’est que ce n’est même pas de la surenchère, c’est une arnaque!!
@Fox: Ben ouais c’est plutôt cool et efficace surtout
« Et étant donné le talent indéniable du bonhomme pour filmer des catastrophes (on peut lui en reprocher des choses mais pas celle-là) »
Euh… Alterner énromes plans larges sur LA avec gros plans sur la tête de John Cusack en train de crier c’est cool dis-donc…
Il se prend cher quand même ! Pas étonnant au vu de sa surenchère d’effets spéciaux et de situations irréalistes en tout genre. Sus à ce cinéma pervers et fatiguant.
@nelsHD: J’ai du m’y mettre à 2 fois pour le voir en entier… j’ai subi ce truc ce fut atroce.
@Cachou: Ben le truc c’est que devant les scènes de catastrophes j’ai bien pris mon pied oui, sauf que ça tient même pas 1/3 de la longueur totale du film… et le reste je me suis ennuyé à mourir.
@Alex: Je suis d’accord avec toi, perso je suis client de grand spectacle aussi car le cinéma c’est aussi ça. Sauf que là c’est pas 40 minutes assez énormes dans un film de 2h40 qui peuvent sauver le truc. 2012 c’est chiant et c’est donc tout sauf ce que tu dis
Déjà, j’adore 10.000 BC, qui je trouve, est une sorte de préambule à son Stargate. Idem pour Le jour d’après, que je trouve excellent.
Et le prend pas mal, mais je te trouve bien hautain de cracher autant sur 2012 que sur d’autre film tels que « le pic de Dante » ou « Volcano », Le cinéma ne se résume pas des films relou qui nous montrent 2 gus regardant une fenêtre durant 2h et le tout fait de plan fixe et filmé en noir et blanc… Le cinéma veut dire aussi spectacle, amusement, détente, des mots que nombre de critiques à l’heure actuelle semble avoir malheureusement oublié…
Du coup, je me dis simplement que l’on à pas vu le même film…
Rôh, tu es méchant quand même ^_^. J’ai trouvé l’histoire (très) concon, mais j’ai quand même été époustouflée par les catastrophes, aussi peu crédibles soient-elles. J’avais pris mon pied de ce côté-là, même si je ne pense pas le regarder à nouveau sur petit écran (pas sûr que ça donne quelque chose).
Ah … quel beau film …
J’ai eu du mal … à aller jusqu’à la fin de ce film …
Echapper à un tremblement de terre avec une voiture ! Putain, je suis trop con ! J’y avais pas pensé !