Les Sept Mercenaires d’Antoine Fuqua : l’art et la manière de faire du neuf avec du culte

de le 11/02/2017
 
FacebooktwitterFacebooktwitter

Attirer les nostalgiques ou au contraire un jeune public, jouer sur un titre déjà significatif à nos oreilles, mettre au goût du jour… les raisons à l’origine d’un remake ne manquent pas comme en témoigne la propension d’Hollywood ses dernières années à revisiter ces classiques. Encore faut-il le faire avec talent. Retour sur les clés d’un succès à l’occasion de la sortie vidéo des 7 Mercenaires version 2016 chez Sony Pictures.

EFFICACITÉ MAXIMALE

Il est primordial que le public ne s’ennuie pas. Ce noble objectif n’amène pas que des choix judicieux. Sous prétexte de belles images rapides, « clipesques », et esthétiques, beaucoup de réalisateurs se sont aventurés à filmer du vide. Mais quelque fois, ça marche. Une règle à en tirer ? Disons qu’un réalisateur ayant un point de vue et maîtrisant son œuvre pourra toujours en faire plus sans que ça paraisse trop. Les 7 Mercenaires version Antoine Fuqua se révèle plus « armé » que le film de John Sturges de 1960. En cela il remplit son contrat de rendre plus spectaculaire une histoire que l’on connait déjà. Et Fuqua le fait avec inspiration. Ses scènes d’action sont violentes, les balles claquent. Il y a dans ces 7 Mercenaires plus d’intensité alors que l’histoire reste la même. Fuqua réussit son coup car, au fond, il n’enlève rien à l’histoire.

POLITIQUE DE MIXITÉ

Le cinéma doit refléter le monde dans lequel nous vivons. Plus question de l’homme blanc type pour seule incarnation du héros. Fuqua affiche dans les sept hommes choisis une belle diversité ethnique : black, asiatique, mexicain, blanc… Le réalisateur n’a pas simplement l’ambition du pur divertissement mais inscrit son film politiquement en mettant au premier plan certaines « minorités ». Il ne s’agit pas simplement de « quota » et d’effet catalogue façon « United Colors of Benetton » mais une volonté de dépasser des clichés dans un genre westernien qui a souvent par le passé utilisé ces mêmes minorités en seconds couteaux ou faire-valoir.

ADAPTER A L’ÉTAT D’ESPRIT DU JOUR

Dans Les 7 Mercenaires, on ne peut miser sur la bonne volonté et le désir de rédemption de quelques furieux pour venir en aide à de pauvres villageois. Il faut une caractérisation plus solide et surtout plus variée. Les personnages féminins se doivent d’occuper une place plus importante, être mieux caractérisés. En cela, le film de Fuqua se montre plus intéressant que son modèle. De même, Fuqua fait du méchant du film un industriel plutôt qu’un simple bandit, caractérisation sans doute plus parlante pour le spectateur d’aujourd’hui.

Par Joseph DiGrégorio