En images : l’univers de Shane Black

de le 29/12/2016
 
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Revenu sur le devant de la scène grâce à Iron Man 3, le grand Shane Black peut enfin s’exprimer à nouveau grâce à la comédie d’action The Nice Guys présentée Hors Compétition au Festival de Cannes. Une occasion de se pencher sur les éléments qui caractérisent l’univers de cet artiste qui a révolutionné Hollywood.

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Les duos

Les personnages créés par Shane Black ont pour caractéristique de fonctionner par deux et grâce au contraste que les caractères bâtissent. Pour son premier script produit à Hollywood, il crée le duo Martin Riggs / Roger Murtaugh (respectivement Mel Gibson / Danny Glover) pour ce qui deviendra la saga L’Arme fatale et qui définit les codes du buddy movie à la Shane Black. À savoir des personnages que tout oppose. D’un côté le jeune blanc impulsif, de l’autre le vieux noir posé, et ensemble une alchimie incroyable. Le motif se retrouvera dans Le Dernier Samaritain avec Bruce Willis et Damon Wayans, dans Last Action Hero avec Arnold Schwarzenegger et le jeune Austin O’Brien et dans sa première réalisation Kiss Kiss Bang Bang, avec Robert Downey Jr. et Val Kilmer.

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L’humour

S’il n’a pas inventé la comédie d’action, Shane Black a apporté un humour assez particulier au cinéma d’action. Une forme d’humour noir et notamment porté sur la violence. Situations cocasses et malaises, mais également des dialogues souvent savoureux permettant aux comédiens de livrer certaines de leurs meilleures prestations. On pense notamment à Bruce Willis ou Danny Glover, mais également à Robert Downey Jr. pour qui Kiss Kiss Bang Bang fut une renaissance, lui permettant au passage d’obtenir le rôle de Tony Stark / Iron Man. Par ailleurs, son humour souvent cynique permet à ses personnages de dédramatiser le monde dans lequel ils évoluent et qui se montre en général très violent. À noter également qu’il use depuis bien longtemps d’un humour que l’on peut qualifier de post-moderne, truffé de références à la pop culture. Et ce avant qu’Hollywood s’empare du procédé.

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Les héros brisés

Figure mythologique directement héritée du film noir, le héros brisé et à fleur de peau, voire l’anti-héros, est une constante dans l’œuvre de Shane Black. Même quand il livre un blockbuster aussi impersonnel et propre sur lui qu’Iron Man 3, il se permet d’y insérer cette obsession à travers un Tony Stark on ne peut plus névrosé après sa confrontation avec la grande faucheuse. Un écho au Riggs de L’Arme fatale, suicidaire, à l’héroïne amnésique d’Au revoir à jamais ou aux deux « héros » du Dernier samaritain, un alcoolique et un cocaïnomane. À travers ces personnages, il crée non seulement des situations humoristiques naturelles, mais provoque également de l’émotion et donc de l’empathie.

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La rédemption

Si le thème de la rédemption est un grand classique au cinéma, il prend une toute autre envergure chez les personnages de Shane Black. Tous ou presque sont brisés par la vie, mais sont également loin d’être des êtres bons sous tout rapport. Ainsi, il va leur offrir une quête rédemptrice, souvent originale, qui prendra la plupart du temps pour cadre les évènements chaleureux de Noël. Mais loin d’une illustration bêtement naïve ou d’un propos lié au divin, il est question d’une symbolique essentielle dans le cheminement menant ces êtres à la rédemption à travers une action forte et désintéressée. Une forme de morale tout à fait universelle dans un univers de sale gosse.

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