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Enemy affiche
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Enemy (Denis Villeneuve, 2013)

[SPOILER ALERT : Nous vous conseillons la lecture de cette critique après vision du film afin de ne pas avoir connaissance d'éléments analysés dans ce texte] Après la sortie de deux purs thrillers, assez brillants dans leur genre, Denis Villeneuve revient à un cinéma de l'étrange se rapprochant de ses essais dans le court métrage. Et s'il donne cette fois la sensation de marcher dans les traces d'un aîné plutôt que de déblayer son propre chemin, Enemy ne manque ni d'intérêt ni d'efficacité, tout en jouant avec différentes figures très classiques du trouble mental. Tourné avant le formidable Prisoners, Enemy prouve à quel point Denis Villeneuve est un metteur en scène versatile, capable de jongler entre les genres avec la même habileté. Plutôt que le thriller sordide, il se penche cette fois sur un cinéma beaucoup moins terre-à-terre et sur des illustrations mentales, dans une veine qui n'est pas sans rappeler son étonnant court...


 
 
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detective dee 2 la legende du dragon des mers affiche
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Détective Dee 2 : la légende du dragon des mers (Tsui Hark, 2013)

En donnant une suite/prequel à son merveilleux Détective Dee premier du nom, Tsui Hark poursuit ce nouvel élan dans sa carrière en persistant dans un retour au film en costumes. L'occasion pour lui d'approfondir les méandres de cet univers foisonnant et de livrer non seulement un incroyable film d'aventure dans la grande tradition du genre, mais également une œuvre politique engagée et un récit étrangement autobiographique. Dès les premières secondes, quelque chose d'étrange transpire de Détective Dee 2. Tsui Hark a rarement donné de suite à ses propres films, exception faite d'Il était une fois en Chine (en plus du premier film, il a réalisé trois des quatre suites) et dans une moindre mesure Le Syndicat du crime 3 et Black Mask 2 (il s'est beaucoup impliqué sur Le Syndicat du crime 2 mais John Woo a gardé le contrôle, ce qui est bien moins évident sur le Black Mask de Daniel Lee). Détective Dee 2 répond donc, dans sa fabrication...


 
 
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le conte de la princesse kaguya affiche
le conte de la princesse kaguya affiche
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Le Conte de la princesse Kaguya (Isao Takahata, 2013)

Lorsqu'un maître atteint la grâce, il peut dessiner quelque chose d'excessivement simple qui sera plus porteur de sens et d'émotions que n'importe quel essai surchargé. C'est précisément ce qui se passe avec le dernier film d'Isao Takahata présenté exceptionnellement à la Quinzaine des réalisateurs, qui en un peu plus de deux heurs éclipse tout ce que le cinéma déploie d'efforts pour exister au festival de Cannes ou en dehors, s'imposant peut-être comme l’œuvre la plus radicale du studio Ghibli tout en gardant une portée formidablement universelle. Décidément, il y a Ghibli et il y a les autres, et sur cet empire du merveilleux règnent et rayonnent Hayao Miyazaki et Isao Takahata. Le Conte de la princesse Kaguya est aussi sublime qu'une estampe et aussi entêtant qu'un songe. C'est une œuvre intemporelle, du genre des plus beaux films que vous verrez dans une vie, qui sonne autant comme une forme de testament que comme l'affirmatio...


 
 
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affiche still the water
affiche still the water
affiche still the water

Still the Water (Naomi Kawase, 2014)

Fille chérie du Festival de Cannes, d'où elle est déjà repartie avec la caméra d'or et le grand prix, Naomi Kawase revient cette année avec Still the Water, probablement son film le plus abouti à ce jour et une odyssée spirituelle d'une beauté à couper le souffle. Tout y est juste, tout y est beau, tout y est à sa place, comme si elle radiographiait depuis les cieux le parcours d'une âme au cour d'un cycle de vie, cherchant une forme de divin, et donc d'enseignement, dans chaque forme animale, végétale ou minérale. Une vraie leçon de cinéma à la fois douce, cruelle et évocatrice. Si la forme du cinéma de Naomi Kawase est en perpétuelle mutation, ses obsessions restent globalement les mêmes et ne font finalement que cristalliser les bases de la métaphysique à travers une réflexion globale sur l'identité, la place dans l'univers, la vie et la mort. C'est parfois ennuyeux quand son cinéma devient très théorique, c'est toujours très b...