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Enemy affiche
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Enemy (Denis Villeneuve, 2013)

[SPOILER ALERT : Nous vous conseillons la lecture de cette critique après vision du film afin de ne pas avoir connaissance d'éléments analysés dans ce texte] Après la sortie de deux purs thrillers, assez brillants dans leur genre, Denis Villeneuve revient à un cinéma de l'étrange se rapprochant de ses essais dans le court métrage. Et s'il donne cette fois la sensation de marcher dans les traces d'un aîné plutôt que de déblayer son propre chemin, Enemy ne manque ni d'intérêt ni d'efficacité, tout en jouant avec différentes figures très classiques du trouble mental. Tourné avant le formidable Prisoners, Enemy prouve à quel point Denis Villeneuve est un metteur en scène versatile, capable de jongler entre les genres avec la même habileté. Plutôt que le thriller sordide, il se penche cette fois sur un cinéma beaucoup moins terre-à-terre et sur des illustrations mentales, dans une veine qui n'est pas sans rappeler son étonnant court...


 
 
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affiche still the water
affiche still the water
affiche still the water

Still the Water (Naomi Kawase, 2014)

Fille chérie du Festival de Cannes, d'où elle est déjà repartie avec la caméra d'or et le grand prix, Naomi Kawase revient cette année avec Still the Water, probablement son film le plus abouti à ce jour et une odyssée spirituelle d'une beauté à couper le souffle. Tout y est juste, tout y est beau, tout y est à sa place, comme si elle radiographiait depuis les cieux le parcours d'une âme au cour d'un cycle de vie, cherchant une forme de divin, et donc d'enseignement, dans chaque forme animale, végétale ou minérale. Une vraie leçon de cinéma à la fois douce, cruelle et évocatrice. Si la forme du cinéma de Naomi Kawase est en perpétuelle mutation, ses obsessions restent globalement les mêmes et ne font finalement que cristalliser les bases de la métaphysique à travers une réflexion globale sur l'identité, la place dans l'univers, la vie et la mort. C'est parfois ennuyeux quand son cinéma devient très théorique, c'est toujours très b...


 
 
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les sorcieres de zugarramurdi affiche
les sorcieres de zugarramurdi affiche
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Les sorcières de Zugarramurdi (Álex de la Iglesia, 2013)

Un film d'Álex de la Iglesia est toujours un évènement, à la fois car le réalisateur espagnol est capable de folies et ne manque jamais d'idées, mais également car ses films, aussi dingues soient-ils, sont toujours portés par un message extrêmement grave. Comme une poignée d'autres auteurs, ses purs films de genre sont des véhicules contestataires qui cachent habilement leurs intentions, pour mieux s'incruster durablement dans l'esprit du spectateur. Les Sorcières de Zugarramurdi ne déroge pas à la règle, tout en renouant avec une véritable folie fantastique, voire horrifique. Étrange film que Les Sorcières de Zugarramurdi. Car si en apparence Álex de la Iglesia en revient à de la comédie noire sur fond de fantastique décomplexé, il poursuit sa route d'auteur de plus en plus amer. Cela se sentait déjà dans le précédent Un Jour de chance, le réalisateur basque est en train de virer fortement misanthrope, même s'il s'agit là d'une évo...


 
 
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Gibraltar affiche
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Gibraltar (Julien Leclercq, 2013)

Annoncé comme une saga mafieuse extrêmement luxueuse, de par son casting, son auteur, et un réalisateur capable de très belles choses, Gibraltar n'est malheureusement jamais à la hauteur de ses ambitions. Électroencéphalogramme plat, manque d'ampleur général, personnages inconsistants et récit sans surprise, le troisième film de Julien Leclercq marque un étonnant coup d'arrêt dans une courte filmographie pourtant sur une ligne ascendante. Dommage, car la sensation qui persiste est celle d'un énorme potentiel complètement gâché. Gibraltar est, sur le papier, la promesse d'une fresque mafieuse formidable, qui plus est puisée dans une histoire vraie complètement folle. Avec pour sa transposition la présence du talentueux Abdel Raouf Dafri à l'écriture, il y avait de quoi s'attendre à un récit riche et solide. Malheureusement, il est cette fois seul aux commandes du scénario et cela semble pointer du doigt une de ses faiblesses : la néc...