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Alleluia affiche
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Alleluia (Fabrice Du Welz, 2014)

Après six ans d'absence, un film de commande à la production houleuse qui devrait bientôt et enfin sortir en salles, le belge Fabrice Du Welz revenait cette année à la Quinzaine des réalisateurs pour présenter son nouveau bébé nommé Alleluia. Une nouvelle fois, il signe un film peu aimable, agressif, à contre-courant, et pourtant fascinant. Non seulement car il s'inscrit dans un propos logique pour son auteur mais également car il manie avec brio les ruptures de ton et ose le jusqu’au-boutisme. Alleluia. Un titre qui résonne comme un soulagement chez le spectateur qui attendait le retour de Fabrice Du Welz. Il est de retour et si en apparence son dernier rejeton marque un coup d'arrêt dans l'escalade ambitieuse de son œuvre, il n'en reste pas moins un film qui possède toute son identité, s'affranchissant cette fois de tout un réseau d'influences qui pouvait parasiter l'expérience des grincheux. A l'origine, il y a bien sur l'odyss...


 
 
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Deux jours une nuit affiche
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Deux jours, une nuit (Jean-Pierre & Luc Dardenne, 2014)

Marion Cotillard chez les Dardenne, ça doit être un choc pour les américains. Si pour nous, elle fut d'abord l'actrice de Taxi ou de Dikkenek, c'est-à-dire loin du summum du glamour, pour nos amis nord-américains, Cotillard, c'est Hollywood, Inception, Woody Allen, la Môme. Alors la voir jouer une femme ordinaire chez les Dardenne, qui lutte pour garder son emploi après une dépression, c'est un peu comme quand Ingrid Bergman quittait les paillettes pour jouer chez Rossellini. Voilà la force de Cotillard, une mue constante, toujours là où on l'attend le moins. Elle avait déjà éblouie en dresseuse d'orques chez Jacques Audiard, avant de sublimer le dernier James Gray, The Immigrant. A chaque fois, elle module sa voix, d'un faible accent, d'une intonation légèrement différente. Chez James Gray, elle parlait l'anglais avec un accent polonais. Quand elle doit jouer la française de service, elle exagère son accent parisien. Avec Deux jours...


 
 
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la voie de l'ennemi affiche
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La Voie de l’ennemi (Rachid Bouchareb, 2014)

Deux ans après que Just Like a Woman se soit fait durement recaler, Rachid Bouchareb poursuit avec ténacité sa trilogie américaine avec un remake de Deux hommes dans la ville. Malgré une intelligence dans l’écriture et des choix formels évitant la facilité, La Voie de l’ennemi pâtit d’une malheureuse lenteur dans sa mise en scène. Le réalisateur d’Indigènes ne parviendra pas sur la longueur à susciter suffisamment l’intérêt de son spectateur pour ses personnages et leurs turpitudes, où l’éternel modèle d’intégration à l’américaine se confronte à une islamophobie très actuelle. Alors que la trilogie formée par Indigènes et Hors-la-loi attend encore son dernier volet, Rachid Bouchareb s’est lancé en 2012 dans la construction d’un autre triptyque cinématographique. L’univers et la culture du monde arabo-musulman qui se confrontaient précédemment à la complexe histoire française récente sont transportés cette fois de l’autre côté de l...


 
 
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affiche calvaire
affiche calvaire
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Calvaire (Fabrice Du Welz, 2004)

Pour son premier long métrage, le belge Fabrice Du Welz réalise une sorte de rêve de cinéphile s'emparant d'une caméra. Mais plus encore que de recracher diverses œuvres à l'influence essentielle, Calvaire crée sa propre mythologie et marque les débuts époustouflants d'un très grand metteur en scène en devenir. Ce que confirmera le formidable Vinyan quelques années plus tard. Calvaire est un film complètement en marge de toute la vague de "films de genre" européens apparus dans les années 2000 afin de redorer le blason d'un cinéma horrifique et/ou fantastique quelque peu laissé à l'abandon. En marge car belge, dans un premier temps, ce qui lui confère une personnalité et une dose de folie que ne possède aucune production française. Mais également car les principales influences de Fabrice Du Welz sont à puiser dans un cinéma qui sort largement des sentiers battus et ne tombent jamais dans la facilité d'effets de mode façon torture ...