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Enemy affiche
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Enemy (Denis Villeneuve, 2013)

[SPOILER ALERT : Nous vous conseillons la lecture de cette critique après vision du film afin de ne pas avoir connaissance d'éléments analysés dans ce texte] Après la sortie de deux purs thrillers, assez brillants dans leur genre, Denis Villeneuve revient à un cinéma de l'étrange se rapprochant de ses essais dans le court métrage. Et s'il donne cette fois la sensation de marcher dans les traces d'un aîné plutôt que de déblayer son propre chemin, Enemy ne manque ni d'intérêt ni d'efficacité, tout en jouant avec différentes figures très classiques du trouble mental. Tourné avant le formidable Prisoners, Enemy prouve à quel point Denis Villeneuve est un metteur en scène versatile, capable de jongler entre les genres avec la même habileté. Plutôt que le thriller sordide, il se penche cette fois sur un cinéma beaucoup moins terre-à-terre et sur des illustrations mentales, dans une veine qui n'est pas sans rappeler son étonnant court...


 
 
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Locke affiche
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Locke (Steven Knight, 2013)

Scénariste de talent, Steven Knight ne fait pas les choses à moitié pour son passage sous la casquette de réalisateur. Son second film réalisé l'an dernier, Locke, est un exercice de style hautement casse-gueule dont il parvient à se sortir avec les honneurs, même s'il souffre tout de même de fautes assez grossières. Steven Knight, scénariste de Dirty Pretty Thing et des Promesses de l'ombre, s'étant déjà frotté à la réalisation pour quelques épisodes de sa série The Detectives pour la BBC, a embrassé sa nouvelle carrière de metteur en scène à bras le corps. En 2013, il a directement réalisé deux films. Il y a eu tout d'abord Crazy Joe, sans aucun doute un des meilleurs films avec Jason Statham, puis Locke, exercice de style radical s'appuyant presque uniquement sur la prestation de Tom Hardy. La note d'intention sonne comme une prise de risques totale : presque 1h30 avec Tom Hardy, en temps réel, lors d'un trajet en bagnole qui v...
 
 
 
 
 
 

2014/07/22



 
 
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Zero Theorem affiche
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Zero Theorem (Terry Gilliam, 2013)

Le plus anglais des réalisateurs américains, aussi génial soit-il, n'a jamais vraiment eu de chance, autant au niveau des diverses catastrophes (naturelles et humaines) s'abattant sur ses tournages qu'à celui de la réception critique et publique de ses films. Zero Theorem ne déroge pas à la règle. Si sa gestation n'a pas vraiment souffert, le film a été accueilli entre l'indifférence polie, la déception majeure et une nouvelle occasion de tirer à vu sur un cinéaste en marge depuis bientôt 40 ans. Pourtant, cette conclusion de sa trilogie SF méritait un tout autre accueil. Évidemment, Zero Theorem fait légèrement pâle figure face à Brazil et L'armée des 12 singes, les deux premiers volets de cette "trilogie" dystopique consacrée à des sociétés orwelliennes. C'est un peu triste, mais c'est un fait, Terry Gilliam commence à s'essouffler, sans doute épuisé par tous ces projets avortés et ces drames à répétitions. Zero Theorem manque d...


 
 
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Alexandre affiche
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Alexandre : The Ultimate Cut (Oliver Stone, 2004-2014)

Dix ans après sa sortie, Alexandre se révèle dans une quatrième et dernière version. Cette « Ultimate Cut » de 3h26 donne enfin à voir la vision que portait Oliver Stone en lui. Celle d’un long-métrage épique, grandiose et loin des sentiers battus. Un film à la hauteur de son héros et dont la mise en scène prend des risques à chaque séquence. « La fortune sourit aux audacieux ». Ces mots de Virgile qui ouvrent le film sonnent aujourd’hui comme une revanche d’Oliver Stone sur tous ceux qui ont pu médire de son plus grand film. « Le degré zéro dans cette mode du néo-péplum », « Fresque psychologique empâtée », « Bérézina insensée avec déco patatapouf ». Voilà ce que l’on pouvait lire en France le 5 janvier 2005 au sujet du biopic sur Alexandre le grand concocté par Oliver Stone. Les critiques américaines ou d’historiens sont plus cinglantes encore et les résultats au box office international furent à peine satisfaisants. Le cinéaste...