Alan Rickman : Hommage à l’acteur disparu cette année

de le 30/12/2016
 
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Il nous a quitté à 69 ans, brusquement. Alan Rickman n’était pas une star, il ne faisait pas la une des journaux people, il ne jouait pas souvent les premiers rôles au cinéma. Son nom n’était pas des plus connus mais son visage a marqué plusieurs générations de spectateurs. Rickman était de ceux qui marquent durablement nos mémoires. Son talent était multiple, ses personnages inoubliables.

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Sur les planches

C’est avant tout par le théâtre que le monde du spectacle prend la mesure du talent de Rickman. Sorti diplômé de la « Royal Academy of Dramatic Art », il fréquente plusieurs troupes avant d’intégrer la « Royal Shakespeare Company » de Londres. Le triomphe se fera en 1985. Rickman incarne un Valmont impérial dans une adaptation des Liaisons dangereuses. Critique et public l’acclament. La pièce s’exporte aux États-Unis et lance l’acteur dans une carrière américaine. Le théâtre, Alan Rickman ne l’oubliera jamais. Il y retournera régulièrement. En 2011, il fait un retour à Broadway avec Seminar, la dernière pièce à laquelle il participa.

Sa notoriété cinématographique naîtra d’une représentation au milieu des années 80 des Liaisons dangereuses à laquelle assistait le producteur Joel Silver. Le charisme de l’acteur tape dans l’œil du producteur qui cherche alors son méchant pour un projet qu’il est en train de lancer : un projet nommé Die Hard.

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Hans Gruber

Par ce rôle, Alan Rickman fait une entrée fracassante dans la sphère hollywoodienne. Piège de cristal ne fait pas que révéler Bruce Willis en John McClane, il créée l’un des méchants les plus célèbres du cinéma d’action US. Rickman apporte ce qu’il faut de présence, d’humour et de froideur à son Hans Gruber pour le rendre implacable et inoubliable. Le film de McTiernan est un triomphe. Plus que ça… une référence du cinéma d’action qui en redéfinit les codes avec brio. Dès lors, Alan Rickman ne cessera jamais de tourner pour le cinéma.

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Méchant… mais pas seulement

Les rôles de méchants lui sont logiquement proposés mais si Rickman en accepte certains (Mr Quigley ou Robin des Bois, prince des voleurs), il affiche une volonté claire de ne pas se laisser enfermer dans ce registre et de mener la danse. Le film d’Anthony Minghella, Truly, Madly, Deeply, lui offre un premier rôle et une comédie en demi-teinte. Tim Robbins, Ang Lee, Neil Jordan, Tim Burton s’intéressent à lui et l’invitent dans leurs films. Rickman se fait plaisir, explore diverses gammes de jeu et n’a pas peur de s’investir dans des projets décalés pour lesquels il campe des personnages hors normes (Dogma ou Galaxy Quest). Il était inclassable, libre, exigent et amoureux de son art. Ces choix le prouvaient.

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La décennie Harry Potter

En 2001, Rickman incarne le professeur Severus Rogue dans la saga Harry Potter. Le triomphe mondial des films amène un public nouveau et une reconnaissance publique importante à l’acteur. Il lui permet d’incarner l’un des personnages les plus intéressants de l’univers imaginé par J.K. Rowling, que le comédien ne manquera pas de faire brillamment évoluer jusqu’en 2010, tout au long des huit films contant les aventures du jeune sorcier. Il trouve là son rôle le plus populaire, celui qui l’immortalise dans le cœur d’un grand nombre de spectateurs.

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Acteur et … réalisateur

Rickman s’est révélé metteur en scène à plusieurs reprises pour le théâtre et le cinéma. Sa première réalisation cinématographique, L’Invitée de l’hiver, montrait une sensibilité et une intelligence évidente. Direction d’acteurs parfaite et esthétisme abouti, le film est au plus près de ses personnages avec tact, élégance et bienveillance. Sans doute, des qualités que l’homme devait posséder. Rickman signera un second film, Les Jardins du roi, sorti en 2014. Là encore, malgré une facture classique, le film tire son épingle du jeu grâce à une sincérité permanente.

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Un coup de cœur

Bien sûr le Hans Gruber de Piège de cristal ou le Severus Rogue d’Harry Potter ont marqué nos mémoires. Bien sûr il ne s’agit pas de prétendre qu’un film ou un rôle vaut plus qu’un autre. Il y a simplement l’envie de mettre en avant un film génial qui met en scène Rickman dans un rôle simple, délicat, sensible, Love Actually. Une comédie dans laquelle l’acteur retrouve celle avec qui il a le plus collaboré, Emma Thompson. Après avoir joué ensemble dans Raison et sentiments et la saga Harry Potter puis l’avoir dirigée dans L’Invitée de l’hiver, Rickman forme avec Thompson un couple en difficulté dans le bijou de Richard Curtis. Ils sont magnifiques de justesse et Rickman est épatant de tendresse, de faiblesse et d’humanité. Un must de la comédie romantique.

par Joseph DiGrégorio