Posted 12 janvier 2013 by Nicolas Gilli in Actus
 
 

The Berlin File : Ryoo Seung-wan et l’espionnage coréen

The Berlin File Poster
The Berlin File Poster

Après un début de carrière en dents de scie fait de films souvent très amusants mais bancals, Ryoo Seung-Wan commence à s’affirmer comme un réalisateur avec une ambition de plus en plus sérieuse. 3 ans après The Unjust, tentative intéressante mais fastidieuse de se démarquer, il revient avec The Berlin File, thriller d’action paranoïaque, prouvant que l’esprit 70′s du moment se répand loin des frontières américaines.

The Unjust marquait une véritable rupture chez Ryoo Seung-Wan. Après quelques films très “pulp”, parfois très drôles, parfois très violents, voire les deux, parfois dans un esprit très Tarantino, le coréen s’est mis en tête de passer à la vitesse supérieure en prenant tout un pan de cinéma à contrepied. Si le résultat n’était pas forcément à la hauteur, l’ambition était là et The Berlin File confirme cette tendance avec un projet à la fois très sérieux sur le papier – il y est question d’espionnage et de Corée du Nord – et visiblement très ludique car créé sur le mode du thriller d’action. Avec son casting en or, sa mise en scène classieuse et son pitch retord à souhait, The Berlin File, dont même le titre semble renvoyer à certains grands films d’espionnage, pourrait bien être un des grands succès du cinéma coréen en 2013.

The Berlin File The Berlin File : Ryoo Seung wan et lespionnage coréen

Basés à Berlin, l’agent nord-coréen et vendeur d’armes Pyo et sa femme Ryon travaillant à l’ambassade mènent une vie dangereuse. Lorsqu’une vente d’armes avec une organisation arabe est découverte, Pyo comprend que la sécurité nord-coréenne est compromise et il devient la cible d’un agent fédéral sud-coréen, Chun. A Berlin travaille également Myung-soo, chargé d’y neutraliser les officiels nord-coréen, et investi d’un pouvoir grandissant après la mort du leader Kim Jong-il. Quand un informateur apprend à Pyo que sa femme est un agent double, il tente par tous les moyens de prouver le contraire. Malheureusement l’évidence s’impose alors qu’il l’espionne à l’ambassade américaine. L’escalade entre prises d’otages, crise personnelle et affrontements de multiples entités en plein cœur de Berlin commence alors.

Trahisons, retournements de veste, gunfights et enquêtes, tous les éléments d’un bon thriller d’espionnage tortueux semblent présents. The Berlin File marque également le retour de Ryoo Seung-wan à l’écriture tandis que devant sa caméra s’affrontent Ha Jeong-woo (vu chez Kim Ki-duk à plusieurs reprises et héros de The Murderer), Han Seok-Kyu (dont personne n’a oublié la performance dans The President’s Last Bang), le frère du réalisateur, le fidèle Ryoo Seung-beom, mais également la belle Jeon Ji-hyeon qui vient étoffer une filmographie toujours aussi peu fournie malgré son talent indiscutable.  Ryoo Seung-wan compare volontiers son film à quelque chose dans la veine de La Mémoire dans la peau pour l’aspect très international du film, il a d’ailleurs fait appel au scénariste américain Ted Geoghegan pour assurer des dialogues anglais qui ne feraient pas tâche. Avec un budget assez limité de 9 millions de dollars, il promet quelque chose de réaliste. Il a d’ailleurs approché de nombreux agents nord-coréens ayant changé de camp pour préparer son film, lors du tournage d’un documentaire intitulé Spies pour une chaîne de TV. The Berlin File promet en tout cas d’être à la fois un vrai thriller d’espionnage qui avance à un rythme effréné et un film qui porte un vrai regard sur les relations politiques complexes entre les deux Corée.

The Berlin File sortira sur les écrans coréens le 31 janvier 2013.


Nicolas Gilli

 
A créé Filmosphere fin 2009. Bouffe des quantités gastronomiques de films chaque semaine et s'est mis en tête de partager au mieux ses impressions et réflexions sur tout ce qui atterrit au cinéma, ou presque. Avec pour grandes passions la série B à tendance bourrin ou les merveilles en provenance d'Asie. Réalisateurs contemporains préférés : Wong Kar-wai, Terrence Malick, Michael Mann, James Gray, Bong Joon-ho, Guillermo Del Toro, les frères Coen et Tsui Hark.