Posted 14 septembre 2012 by Nicolas Gilli in Actus
 
 

Lincoln : Spielberg et son rendez-vous avec l’histoire

Lincoln - Affiche
Lincoln - Affiche

Après quelques années au calme avec sa famille, comme il l’a si souvent fait, Steven Spielberg a repris un rythme de travail frénétique. Après avoir embrassé le cinéma de demain puis l’immensité des grands classiques de l’âge d’or, en une année, il se replonge dans un exercice qui ne lui a pas toujours souri, celui du film historique. Avec Lincoln, c’est à un des plus grands hommes que le peuple américain ait connu qu’il se frotte, et si tout cela sent déjà la bête à oscars, les images sont déjà impressionnantes.

Il y a tout juste un an débutait le tournage de Lincoln en Virginie, soit 12 ans après que Steven Spielberg prenne la décision d’adapter au cinéma la biographie d’Abraham Lincoln écrite par Doris Kearns Goodwin : Team of Rivals: The Political Genius of Abraham Lincoln. 12 ans d’un projet sans cesse repoussé, qui devait pendant longtemps remettre en scène Liam Neeson dans la peau d’un homme essentiel de l’histoire de l’humanité avant que le rôle n’échoue sur le bureau de Daniel Day Lewis. Et un des plus grands acteurs de la planète dirigé par un des plus grands réalisateurs de la planète pour incarner un des plus grands hommes politiques de l’histoire, il y a de quoi l’attendre de pied ferme ce Lincoln.

Lincoln Lincoln : Spielberg et son rendez vous avec lhistoire

C’est Tony Kuschner qui s’est chargé de l’adaptation pour le cinéma, scénariste de talent à l’origine de la mini série HBO Angels in America mais également co-auteur du scénario de Munich de Steven Spielberg. Son traitement fait suite à ceux de John Logan et Paul Webb, radicalement différents et écartés. Lincoln ne sera pas une biographie complète, le bouquin étant beaucoup trop vaste le film ne s’intéresse qu’aux quatre derniers mois de la vie d’Abraham Lincoln en s’axant sur la lutte politique engagée à la chambre des représentants. L’idée est bien entendu d’évoquer les plus grands actes de Lincoln en tant que présidents : le vote du 13ème amendement donnant lieu à l’abolition de l’esclavage et la fin de la guerre de sécession, guerre débutée au lendemain de son élection. L’abolition de l’esclavage, un sujet qui ne remémore pas un des meilleurs films de Steven Spielberg, Amistad, mais qui semble être ici un sujet parmi d’autres, d’autant plus que la vision de Tony Kuschner apparait comme focalisée sur le traitement politique des évènements.

Et s’il semble bien que Lincoln soit une grosse machine à oscars, ce qui ne pose pas vraiment de problème (Titanic en était bien une, cela n’empêche pas le film d’être un chef d’œuvre), il semble surtout que Steven Spielberg soit dans une dynamique de très beau cinéma, après avoir enchaîné Les aventures de Tintin: Le secret de la licorne et Cheval de guerre, un cinéma de l’ampleur qui sied plutôt bien à ses sujets. On ne va pas s’amuser ici à juger le découpage d’une bande-annonce mais entre la lumière incroyable qu’a trouvé Janusz Kaminski, la qualité de ses cadres, l’ampleur musicale et la justesse de tous ces grands acteurs (Joseph Gordon-Levitt, Tommy Lee Jones, Michael Stuhlbarg, Jackie Earle Haley, John Hawkes, Tim Blake Nelson, et tant d’autres représentant autant de générations) tous derrière la performance déjà hors normes de l’habitué de ce genre de challenge, l’immense Daniel Day Lewis. Tout cela transpire déjà la maîtrise, la précision et le grand cinéma.

On en saura un peu plus sur le ton le 30 janvier 2013, soit presque trois mois après la sortie américaine.


Nicolas Gilli

 
A créé Filmosphere fin 2009. Bouffe des quantités gastronomiques de films chaque semaine et s'est mis en tête de partager au mieux ses impressions et réflexions sur tout ce qui atterrit au cinéma, ou presque. Avec pour grandes passions la série B à tendance bourrin ou les merveilles en provenance d'Asie. Réalisateurs contemporains préférés : Wong Kar-wai, Terrence Malick, Michael Mann, James Gray, Bong Joon-ho, Guillermo Del Toro, les frères Coen et Tsui Hark.