Posted 20 juillet 2012 by Nicolas Gilli in Actus
 
 

The Master : Paul Thomas Anderson à la naissance du culte

The Master - Teaser Poster
The Master - Teaser Poster

Paul Thomas Anderson a beau être un des plus grands réalisateurs américains en activité, voilà un projet qui ressemble presque à un miracle. 2 ans seulement après There Will Be Blood a été annoncée la mise en chantier de ce qui s’appellera plus tard The Master, à savoir un film sur la religion rapidement identifié comme s’attaquant aux fondations de l’église de scientologie. Le maître du titre serait donc un avatar de Ron Hubbard, écrivain de science-fiction, philosophe et affublé de tant de titres mais qui reste surtout le fondateur de l’église de scientologie. Un sujet délicat, et on s’en rend d’autant plus compte en voyant les difficultés qu’a dû traverser Paul Thomas Anderson pour financer son film. Passé des bureaux d’Universal qui a renoncé face au budget de 35 millions de dollars après avoir financé la première version du script, le film est passé brièvement chez River Road avant de renaître en grande partie grâce à Annapurna Pictures (la compagnie qui monte après avoir financé Des Hommes sans loi, Cogan – la mort en douce et les prochains films de John Hillcoat, Kathryn Bigelow et Spike Jonze).

Un projet de longue haleine donc qui a vu défiler quelques acteurs. Ainsi, Jeremy Renner laisse finalement sa place à Joaquin Phoenix qui revient après sa fausse retraite tandis qu’Amy Adams hérite du rôle un temps envisagé pour Reese Witherspoon. Le seul à rester en place est Philip Seymour Hoffman, associé au projet depuis l’origine. Ce sera par ailleurs sa cinquième collaboration avec Paul Thomas Anderson.

The Master The Master : Paul Thomas Anderson à la naissance du culte

Après deux teasers plutôt mystérieux balancés sur la toile ces derniers mois, on en sait un peu plus sur cet étrange film qui va encore dénoter dans le grand Hollywood du recyclage. Derrière son aspect éminemment classique se cache une œuvre qui semble d’un richesse assez démente avec – si la bande annonce ci-dessous dévoile le cœur du film – les destins parallèles entre le fondateur fascinant d’un nouveau culte et un alcoolique à la dérive. Avec en sus un trio amoureux assez bizarre. Difficile d’en tirer des conclusions hâtives mais The Master semble très imposant, avec des prestations d’acteurs déjà magnétiques.

L’évènement de The Master est tout autant technique. En effet, il s’agit du second film tourné ces deux dernières années au format 65mm, avec Samsara de Ron Fricke. Un format rarement utilisé, peut-être le plus impressionnant sur un écran de cinéma, et dont les derniers porte-drapeaux remontent au début/milieu des années 90 avec Baraka (de Ron Fricke, encore) et Hamlet de Kenneth Branagh. Le film est éclairé par Mihai Malaimare Jr., directeur de la photographie sur les trois derniers films de Francis Ford Coppola et c’est à nouveau Jonny Greenwood de Radiohead qui signe la bande originale, sa quatrième après There Will Be Blood, La Ballade de l’impossible et We Need to Talk about Kevin.

À noter que la tradition pour Paul Thomas Anderson a été respectée, à savoir que le film, comme tous ses précédents, s’est vu classé R par la MPAA pour “sexual content, graphic nudity and language”. The Master est bien entendu fantasmé pour la prochaine Mostra de Venise, il sortira sur les écrans américains le 12 octobre et n’a pas de date pour une sortie française. Ni de distributeur semble-t-il…


Nicolas Gilli

 
A créé Filmosphere fin 2009. Bouffe des quantités gastronomiques de films chaque semaine et s'est mis en tête de partager au mieux ses impressions et réflexions sur tout ce qui atterrit au cinéma, ou presque. Avec pour grandes passions la série B à tendance bourrin ou les merveilles en provenance d'Asie. Réalisateurs contemporains préférés : Wong Kar-wai, Terrence Malick, Michael Mann, James Gray, Bong Joon-ho, Guillermo Del Toro, les frères Coen et Tsui Hark.