Spider-Man : The untold story
L’homme araignée suscite bien des convoitises et ce, depuis une vingtaine d’années. The Amazing Spider-man réalisé par Marc Webb est maintenant sorti dans les salles, c’est donc le bon moment pour vous raconter « the untold story ». Parce que oui, celle du fameux « reboot » vous la connaissez déjà.
Pas moins de trois personnes ont travaillé sur le scénario de ce blockbuster, mais cela n’est toujours pas assez si on regarde d’un peu plus près le résultat qui est au final totalement chaotique. Les débuts de Peter Parker en homme araignée sont une nouvelle fois exposés, pour notre plus grand bonheur. Au cas où certains d’entre nous n’auraient rien pigé à la version de 2002, quoi de plus original que de faire un reboot racontant les origines n’est-ce pas ? Cependant, la plus grosse erreur des auteurs est centrée sur le personnage de Peter Parker, interprété par Andrew Garfield (le gars laissé méchamment de coté par Zuckerberg dans The Social Network). Chez Marc Webb, Peter est cool, sexy, incroyablement attirant, et … nerd. Enfin à peine. C’est une tête de classe mais même si cet élément est majeur dans les comics, le cinéma de 2012 l’a rendu pratiquement quelconque à ce niveau là. Ajoutez à cela une romance traitée comme n’importe quel film pour ados. Emma Stone incarne Gwen Stacy, la première petite amie de Peter Parker. L’engouement ou l’excitation du premier baiser n’a même pas frôlé l’esprit des auteurs. En bâclant des moments importants le résultat n’en est que trop lisse et sans intérêt. La subtilité n’est pas le fort de Marc Webb et son équipe. The Amazing Spider-man est la preuve vivante qu’il est possible de gâcher sa chance de pouvoir réaliser un film marquant avec un personnage haut en couleurs et totalement emblématique. Marc Webb est monté dans sa Ferrari puis est passé directement en 5ème pour s’exploser contre le mur.
Les fans de la trilogie de Sam Raimi, les supporters de la première heure, ont tendance à boycotter la version Webb. Beaucoup de fanboys s’insurgeaient contre ce nouveau volet en expliquant que l’histoire est un simple « copier-coller » du film sorti en 2002. Or…tout le mérite de la réussite du premier opus réalisé par Monsieur Raimi et écrit par David Keopp ne leur revient pas à 100%. Pour mieux comprendre l’histoire, revenons en 1992. Un réalisateur ayant déjà roulé sa bosse avec des films comme Terminator, Aliens, le retour ou Abyss (on parle bien de James Cameron) prend l’initiative de démarcher les studios avec son script intitulé : The Amazing Spider-man. Le cinéaste canadien, fan depuis gosse du super-héros (il créait lui même des comics sur Spidey quand il était petit) se rend d’abord chez Carolco, distributeur qui disait avoir les droits de l’homme araignée. Coup de théâtre, Cameron s’aperçoit que tout ceci n’est que mensonge et propose donc à la Fox de distribuer le film. Ce studio, fort intéressé par le script du futur réalisateur d’Avatar, entreprend une bataille pour obtenir les fameux droits mais abandonne face à la montagne de difficultés rencontrées pour les obtenir. En parallèle, Stan Lee appelle James Cameron pour lui dire que son scénario révèle un Spider-man que tout le monde aime et que le ton est frais et complètement nouveau. Ensuite, ce n’est qu’en 1999 que Sony réussira à décrocher le gros lot. Les droits de Spider-man sont entre leurs mains désormais, mais le script de Cameron ne plait pas, un certain Avi Arad dira que l’ensemble est trop violent et pas assez « familial ». Il préfère nommer Sam Raimi pour réaliser un film sur la créature. James Cameron avait entre temps abandonné son rêve de réaliser ce film et a préféré se pencher sur le Titanic.
David Koepp est donc engagé pour écrire le script. Officieusement, il s’est basé sur les écrits de James Cameron. Officiellement, ce script est passé à la déchiqueteuse. Et comme le scénario1 est lisible, de notre coté on confirme que le film Spider-man de Sam Raimi ressemble de très près à la vision de James Cameron. L’histoire s’intéresse aux origines et la première partie du film est assemblée de la même manière. La petite amie est Mary-Jane Watson, la transformation de Peter en homme araignée est exposée comme Cameron la décrit avec les flash ect…la scène où le héros découvre qu’il n’a plus besoin de lunette est également identique, Spider-man lance directement ses toiles à partir de ses poignets (Cameron trouvait cela plus fluide et plus logique), Peter retrouve son oncle Ben mort en bas d’un immeuble juste après le crime (et pas chez lui comme dans le comic), on retrouve les séquences avec les titres des journaux (concernant Spidey), genre presse à scandale, les scènes de voltige dans la ville (notamment avec Mary-Jane) sont les mêmes.
Mesdames et messieurs sachez qu’après la lecture du script de Cameron, Sam Raimi en prend tout de suite un coup dans la tronche. Et comme si ce n’était pas assez, Marc Webb bénéficie lui aussi de quelques touches Cameroniennes. Déjà le titre est identique, le début de transformation qui se déroule dans les transports en commun est sur le papier écrit en 92 ainsi que le stage de Peter Parker qui mène à… la fameuse piqure. Son appétit débordant et sa mauvaise réputation (toujours chassé, il n’est jamais une popstar comme dans le premier Raimi) était aussi dans les pensées de Cameron pour le grand écran. Des détails certes, mais quand même. The Amazing Spider-man manque cruellement d’audace et pêche quelques idées dans un scénario vieux de 20 ans.
Et donc, à quoi ressemble le Spider-man de James Cameron ? Sachez qu’il est traité d’une manière totalement différente de ce que vous avez pu voir jusqu’ici. Le super-héros vole de l’argent, il pète des câbles à vous mettre des frissons dans le dos (on pense à cette séquence ou il démolit la voiture de Flash, avec Flash en guise de marteau), il dit « fuck » ou « motherfucker », il s’envoie en l’air avec Mary-Jane (la scène à lieu en hauteur dans la ville sur une toile d’araignée, Peter garde son masque pendant l’acte). Les méchants sont Electro et Sandman. Bizarrement, le script se loge dans un traitement proche de The Dark Knight, un vrai film de super-héros pour adultes.
Malgré le fait que le premier film sorti en 2002 ressemble beaucoup trop aux idées de Cameron, ce dernier n’est pas crédité. David Koepp est l’unique auteur cité pour ce film. De son coté, James Cameron ne se dit pas outré par cette démarche et n’a jamais essayé de faire figurer son nom au générique ou de récolter de l’argent, son avocat stipule qu’il n’a jamais été motivé par cela. Son entourage est bien plus outré que lui, ses proches étaient choqués à la vue du film de Sam Raimi, mais Cameron n’a jamais vraiment fait de commentaire à ce sujet. Il a simplement dit qu’il se sentait un peu « offensé mais pas insulté ». Cette réaction est tout à son honneur et en attendant, nous avons juste notre esprit pour rêver à la version de Spider-man de James Cameron que nous ne verrons jamais.











