Cloud Atlas : délire des sens
101 millions de dollars de fonds étrangers, Tom Hanks qui accepte de jouer dedans sans son traditionnel “back-end”1 , un tournage au deuxième semestre 2011 entre l’Espagne, l’Écosse et l’Allemagne dans le plus grand des secrets avec seulement une photo du plateau et à la barre un trio de réalisateurs parmi les meilleurs au monde : Andy et Lana Wachowski accompagnés de l’allemand Tom Tykwer. C’est Cloud Atlas et même pour ces artistes habitués aux projets fous, c’est probablement ce qu’ils ont osé de plus ambitieux à ce jour. À l’origine il y a un roman incroyable de David Mitchell rebaptisé Cartographie des nuages pour sa sortie française. Incroyable car d’une densité qui dépasse l’entendement, développant pas moins de 6 récits qui n’ont à priori rien en commun, s’étalant sur plusieurs siècles, du XIXème à un futur dystopique post-apocalyptique, qui s’emboîtent les uns dans les autres, se rejoignant par un détail de mémoire ou un écrit. Le bouquin est d’une ambition totalement démesurée, chaque récit se faisant l’écho d’un autre et empruntant un style bien particulier aussi bien dans l’univers que dans le style d’écriture (récit épistolaire, romanesque, SF, expérimental avec invention d’un vocabulaire…).
S’il faut avoir lu ce roman pour bien saisir l’ambition narrative du film, les premières images dévoilées ci-dessous ainsi que la longue bande annonce diffusée aujourd’hui (plus de cinq minutes) en disent long sur l’ambition visuelle des auteurs qui se sont également chargés d’adapter le scénario. Le film devrait flirter avec les trois heures et ces images sont tout simplement folles. Rythmée en partie par l’Outro de M83, ce trailer est clairement ce qu’on a vu de plus ambitieux depuis des années. On ne va pas s’amuser à chercher LE plan qui tue parce qu’il n’y a que ça pendant 5 minutes, un fourmillement d’idées de mise en scène dans un trailer hors normes qui laisse entrevoir non seulement un des thèmes centraux du film, celui de la réincarnation, mais qui est porté par un lyrisme romantique façon The Fountain qui ne peut provoquer que des frissons.
De ce qu’on peut déjà voir, le production design est impressionnant, assuré par Hugh Bateup et Uli Hanisch (habitués des films des Wachowski et Tykwer), tout comme les maquillages et les CGI (une partie prise en charge par ILM). La photo est signée Frank Griebe (chef op de Tom Tykwer) et John Toll (Braveheart, Gone Baby Gone, La Ligne rouge…). Cette multiplication de talents en dit déjà long sur le côté protéiforme que va prendre le film, avec 6 univers visuels très marqués. En plus, on peut y ajouter un casting dément et là aussi presque improbable, avec Tom Hanks, Halle Berry, Hugh Grant (enfin un bon rôle ?), Ben Whishaw, Jim Sturgess, Hugo Weaving, Bae Doona, Zhou Xun, etc…
On est là face aux premières images d’un film déjà exceptionnel sur le papier et qui pourrait bien – on l’espère de tout cœur – faire date, comme quasiment tous les films des Wachowski, y compris les plus incompris (coucou Speed Racer).
Seule ombre au tableau pour l’instant, Warner a annoncé une sortie française pour 2013 alors que Cloud Atlas sera présenté au TIFF en septembre et sortira en octobre un peu partout…
Et en bonus, les réalisateurs parlent de ce drôle de projet !
- Pourcentage sur les recettes du film en plus de son salaire d’acteur [↩]















