Chained : Jennifer Lynch en colère
Après un certain retour en grâce avec Surveillance en 2008, 15 ans après le massacre critique de Boxing Helena, Jennifer Chambers Lynch, la fille de, a de nouveau vécu l’enfer lors du tournage indien de Hisss, qui a donné lieu au documentaire Despite the Gods, et a sans doute suffisamment accumulé de haine pour pondre un film bien hardcore. Et ça s’appelle tout simplement Chained. Le film entame sa tournée des festivals de cinéma de genre le mois prochain avant une sortie directement en DVD en octobre aux USA, alors qu’il ressemble à ce que la réalisatrice a pu faire de plus inspiré depuis ses débuts.
Chained c’est l’histoire de Sarah et son fils embarquent dans un taxi pour rentrer à la maison mais qui n’atteindront jamais leur destination. Le taxi appartient à Bob, un tueur en série ayant depuis longtemps réalisé les avantages d’un emploi lui amenant ses victimes sur un plateau. Rebaptisant le garçon “Rabbit”, Bob l’adopte de force pour en faire son propre fils, qu’il garde avec lui. La vie avec Bob n’est pas facile pour Rabbit. Il est d’humeur changeante, dominateur, violent et froid. Le pire étant que Bob force le garçon à nettoyer après ses crimes. En même temps, il désire être un bon père, élevant un fils afin de le préparer à affronter la société. Sauf que l’univers de Bob n’a rien à voir avec la société “normale”. Adolescent, Rabbit comprend que Bob veut faire de lui un tueur en série.
Bob c’est Vincent D’Onofrio, le Detective Robert Goren de la série New York – Section criminelle mais surtout l’inoubliable Leonard “Baleine” Lawrence de Full Metal Jacket et le non moins mémorable Edgar (“T’as la peau qui flotte”) de Men in Black. Un rôle délicat à gérer, entre le monstre et une étrange figure paternelle. Rabbit, c’est le jeune Eamon Farren, et à leurs côtés on trouve également Julia Ormond ou Gina Philips, des acteurs venant de tous les horizons pour un film qui porte déjà les germes de la subversion.
Distribué par Anchor Bay et shooté en scope à la Red, Chained est un petit budget dont l’équipe technique est réunie à partir de second couteaux et d’habitués, une équipe relativement réduite autour de Jennifer Lynch qui avait visiblement besoin d’un exutoire pour toute sa rancœur et ses désillusions dans un film poisseux et violent, au sujet franchement dérangeant.
A voir en festival, ou en vidéo dans quelques mois…







