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Une Pure affaire (Alexandre Coffre, 2011)

 
Une Pure affaire d'Alexandre Coffre (2011)
Une Pure affaire d'Alexandre Coffre (2011)
Une Pure affaire d'Alexandre Coffre (2011)

 
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Synopsis: David Pelame a la quarantaine. Il est marié à Christine depuis assez longtemps pour avoir oublié qu’ils s’aimaient autrefois. Il a deux enfants avec qui la communication se fait de plus en plus rare. Professionnellement, David n’est jamais devenu le grand avocat associé d’un cabinet de renom qu’il rêvait d’être mais plutôt un simple gratte-papier qui excelle dans les tâches les plus rébarbatives. Bref, la vie de David ne fait pas rêver. Si on avait un conseil à lui donner ?… Ce serait qu’il se ressaisisse. C’est ce qu’il va faire, en découvrant, le soir de Noël, une valise pleine de cocaïne et un téléphone croulant sous les appels de clients. David pense alors avoir trouvé le moyen de relancer sa vie. Si on avait un second conseil à donner à David ? … Ce serait qu’il y réfléchisse à deux fois.
 
Note
 
 
 
 
 
3.5/5


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Texte de

 
Critique
 
 

Il est possible de faire en France des films intelligents et justes adaptés de romans anglo-saxons. Nous en avons eu la preuve il y a quelques mois avec L’Homme qui voulait vivre sa vie d’Eric Lartigau, en voilà une nouvelle confirmation avec Une Pure affaire, le premier film d’Alexandre Coffre. Adapté de la nouvelle Powder de Matthew Kneale (fils de l’écrivain anglais Nigel Kneale qui avait lui aussi eu sa gloire au cinéma avec la série de films Quatermass), Une Pure affaire nous plonge dans une aventure surréaliste dans la grande tradition du polar et de la comédie à l’anglaise. Étant donnés le sujet, une famille lambda qui va par un heureux hasard se mettre à dealer de la cocaïne, on pense forcément au cinéma des débuts de Guy Ritchie, la profusion de personnages et l’aspect film choral en moins, la sobriété dans la mise en scène et l’étude poussée de caractères en plus. C’est la french touch apportée à un sujet franchement anglo-saxon et qui se traduit par un portrait d’une finesse remarquable d’une strate de la société aussi laissée de côté au cinéma que dans la société française en général, la classe moyenne qui peut enfin s’exprimer au détour d’une comédie franchement drôle, mais franchement pas bête.

une pure affaire 1 Une Pure affaire (Alexandre Coffre, 2011)

Il n’y a pas vol sur la marchandise, Une Pure affaire est bien une comédie, c’est vrai. Mais pas seulement. En effet, Alexandre Coffre, ancien réalisateur de spots publicitaires cherchant par tous les moyens à s’affranchir de ce passif qui pourrait être pesant, ne tombe jamais dans le modèle de la comédie française. Ainsi pas de gags hyper référentiels, pas de succession de gags non plus justement, on est plus dans le domaine de la comédie dramatique s’appuyant sur de véritables personnages. Des caractères complexes étudiés en profondeur et s’articulant dans deux environnements bien distincts. D’un côté le cocon familial qui va être bouleversé, passant de la pire des routines à l’univers faste des dealers. De l’autre celui du cabinet d’avocats dans lequel bosse David Pelame. Il va passer du statut d’exécutant à celui de requin et donc d’associé éventuel. Il y a quelque chose de très euphorique au premier degré: voir cette famille reprendre goût à la vie. Mais l’envers du décor, et qui empêche d’en rire à gorge déployée, c’est qu’il a fallu que de la cocaïne tombe du ciel pour que ces gens soient heureux un moment (car on s’imagine bien que tout ce manège ne peut pas durer bien longtemps).

Au-delà de la blague, qui fonctionne sans baisse de régime, avec même quelques tours de force à la clé (le message d’accueil, la découverte de l’épouse, le trip sous coke…), c’est donc une profonde mélancolie qui berce cette drôle d’histoire de cadeau empoisonné. Car en filigrane on trouve le modèle d’une famille de la classe moyenne confrontée au chômage, à la rébellion adolescente, à la remise en question totale du couple et à des difficultés financières. Sauf que tous ces thèmes importants, et pas forcément habituels de la comédie française, se trouvent traités avec une vraie finesse. Par les non-dits, par l’image, Alexandre Coffre fait passer plus d’idées que par une quelconque profusion de dialogues et se les garde comme moteur de l’intrigue. Celle-ci s’avère finalement classique du film de gangster, avec gloire et déchéance, mais on n’est ni dans la parodie, ni dans l’humour lourdingue, simplement dans quelque chose de tellement intelligent qu’on en vient à se demander s’il a bien été réalisé par un français.

une pure affaire 2 Une Pure affaire (Alexandre Coffre, 2011)

Le risque quand on vient de la publicité, c’est de reproduire cette esthétique clinquante. Alexandre Coffre évite habilement ce piège dans lequel se sont vautrés tant avant lui et propose avec Une Pure affaire quelque chose de posé tout en le mettant en scène de façon très élaborée. En évitant l’esbroufe, Alexandre Coffre met son film en scène intelligemment, utilisant le moindre plan pour raconter son histoire et non pour impressionner. À ce titre l’introduction est un modèle de narration visuelle, le portrait fait de cette famille passant par du détail brillamment mis en valeur. Mais Une Pure affaire c’est aussi, voire surtout, un film d’acteurs. Et là les bonnes idées s’enchaînent avec bonheur. D’avoir laissé leur chance à d’éternels seconds rôles prenant ici une belle ampleur, de se laisser porter par le couple François Damiens / Pascale Arbillot bénéficiant d’une alchimie bluffante, on en oublierait presque tous les autres, excellents (dont un Gilles Cohen véritablement effrayant!)

En voilà une sacrée surprise! Avec Un Pure affaire, plusieurs constatations. Oui on a des jeunes talents en France qui peuvent faire autre chose que des parodies de films d’horreur. Oui on a des talents capables d’écrire des comédies aussi drôles qu’intelligentes. Oui on a tout ça, et c’est porté par un des plus beaux acteurs belges qui soient. Une Pure affaire c’est une révélation, une comédie-polar à l’anglaise mais bien française, avec son identité et son étude sociale grinçante. Pas cynique pour un sou, généreux et sincère, Alexandre Coffre impressionne et rassure, tout simplement.