[Critique DVD] Primal (2009)
Réalisateur: Roel Reiné
“Le choix est simple : Tuer ou être tué…” ça donne envie non? Surtout que dans le genre tagline qui n’a pas été utilisée 3 millions de fois (l’année dernière) c’est un modèle. Avec son poster américain tout en sobriété, sa jaquette française qui titille le spectateur prenant son pied devant Predator (le spectateur exigeant [...]
“Le choix est simple : Tuer ou être tué…” ça donne envie non? Surtout que dans le genre tagline qui n’a pas été utilisée 3 millions de fois (l’année dernière) c’est un modèle. Avec son poster américain tout en sobriété, sa jaquette française qui titille le spectateur prenant son pied devant Predator (le spectateur exigeant donc), et la présence au casting d’un des acteurs phares de la série B ou Z, Lance Henriksen, Primal ne s’annonce vraiment pas génial. Mais on n’est jamais à l’abri d’une surprise, d’un petit film de rien qui s’avère au final des plus sympathiques. Oui ça existe, et heureusement. Mais pas là. Primal c’est le genre de film qui, en plus d’être relativement mal foutu, ne parvient jamais à se détacher de ses influences diverses et peu variées et ne propose donc jamais la moindre originalité. De plus, si ses inspirations sont plutôt prestigieuses, Primal se présente comme un pompage en règle d’un direct-to-DVD déjà pas très glorieux, The Tribe – l’île de la terreur… avec quelques éléments de production en commun d’ailleurs. Pourtant Primal n’est pas tout à fait inintéressant, notamment par ses choix narratifs et ruptures de ton, mais dans les grandes lignes il s’agit là d’un film copieusement raté et parfois même assez ennuyeux.
Roel Reiné c’est un peu un habitué de ce genre de production. Il avait déjà mis en scène Jeu Fatal avec Steven Seagal ou The Marine 2 dans lequel John Cena laissait sa place à Ted DiBiase. Il est également responsable de Death Race 2 sortant directement en vidéo, sans Jason Statham mais avec Luke Goss (le prince Nuada de Hellboy II). Tout ça pour dire que le bonhomme n’est pas du genre à faire dans la subtilité, ni même dans la qualité à vrai dire. Avec Primal il en fait l’incroyable démonstration en organisant un best-of de ses séquences favorites chez les autres mais sans les même moyens et en oubliant le sens que ces scènes pouvaient avoir. Le soucis c’est qu’on ne peut même pas qualifier Primal de nanar et rire un bon coup devant car à part une poignée de scènes (dont un plan de 3 secondes qui nous montre le riche de l’affaire tirer sa petite-amie vite fait sur la plage pendant que des recherches s’organisent…) tout ceci parait bien sérieux tout de même.
Alors ça commence comme Predator, à savoir une mission commando pour secourir une équipe en pleine jungle, mais ça passe immédiatement à autre chose, tout en gardant des vues sur le chef d’oeuvre de McTiernan (des scènes reprises à l’identique, la vision thermique, la boue…). Rapidement donc on entre dans un schéma qui est celui d’un survival/slasher qui va débuter comme Lost pour retrouver un peu plus tard la veine Predator. Le hic c’est qu’on sait à peu près tout ce qui va se passer avant que ça n’arrive et que malgré ses 1h25 Primal souffre de sévères passages à vide au niveau du rythme. Tout ça pour en arriver à un dernier acte singeant The Descent, sans le twist cruel, à base de jeune femme se découvrant l’âme d’une guerrière et des créatures au look de yetis (ou des singes de Congo de Frank Marshall) bondissants tels des ninjas câblés. Bien entendu les seconds niveaux de lecture possibles, dont un complot impliquant le Vatican (sérieusement en plus!), sont vite balayés au profit d’une volonté d’efficacité. Sauf que la volonté ça ne fait pas tout.
Ce qui nous empêche de rire de bon coeur c’est que ce mauvais film de genre est apprêté comme une production sérieuse. Alors on ne va pas le lui reprocher, car après tout voir des efforts de mise en scène et une photo plutôt soignée dans ce genre de truc ça fait plutôt plaisir. Mais paradoxalement on aurait préférer y trouver une image vidéo dégueulasse qui aurait imposé un second voire troisième de degré. Là c’est tout propre jusqu’au sound design carrément impressionnant. Pourtant ce n’est qu’un vilain Z même pas gore. Inutile de mentionner que les acteurs sont très mauvais pour la plupart, surjouant dès qu’ils en ont l’occasion et à tel point qu’ils ne sont jamais crédibles. Quant à Lance Henriksen qui doit apparaître environ 2min30, on ne comprendra jamais ses choix de carrière. Voilà, Primal ce n’est pas bien et c’est même loin d’être du niveau du Predators de Nimrod Antal.
Test en partenariat avec Cinetrafic
Image : Surprenant, l’image est sublime, le traitement est digne d’une des plus grosses sorties de l’éditeur! Des couleurs qui rayonnent, une définition à couper le souffle. C’est incompréhensible étant donnée la qualité du titre mais le traitement est magnifique.
Son : Là aussi, c’est traitement presque luxueux pour un fond de tiroir foireux. Les deux pistes 5.1 possèdent une dynamique excellente. Et si on préférera le mixage en VO, plus juste, les deux pistes sont assez surprenante par leur qualité.
Suppléments : Le désert. 2 pauvres bandes annonces à l’ouverture du disque et puis c’est tout
![Primal 1 Primal 1 [Critique DVD] Primal (2009)](http://www.filmosphere.com/wp-content/uploads/2011/02/Primal-1.jpg)
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