Après une semaine très chargée en sorties les choses se calment ce mercredi, avec peu de films, mais surtout peu de bons films. De quoi rattraper ceux de la semaine dernière qui valent le déplacement! Les critiques sont accessibles en cliquant sur l’affiche.
We are 4 Lions de Christopher Morris
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Alors que la peur de l’arabe post-11 septembre n’a toujours pas quitté l’occident, le trublion anglais Chris Morris, coutumier du fait, se permet de tourner le sujet en dérision avec un talent phénoménal pour l’humour acide et la critique acerbe. Le (bon) mauvais goût de l’ensemble peut évidemment choquer les plus sensibles et froisser les bien-pensants, mais le résultat est pourtant aussi intelligent que drôle et méchant. À consommer sans modération avec un kebab dans la main, une ceinture d’explosifs à la taille et bien sur une certaine ouverture d’esprit et un goût pour le second degré.
Mardi, après Noël de Radu Muntean
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Un homme marié aime sa femme mais va la tromper avec une plus jeune. Sur un postulat traité des millions de fois, le roumain Radu Muntean développe une oeuvre à la sensibilité à fleur de peau. Au rythme des plans séquences interminables et des discours du quotidien, Mardi, après Noël révèle sa puissance dramatique de façon surprenante. Mis en forme de la façon la plus épurée qui soit, il s’en dégage un discours hautement humain, bouleversant, sur nos sentiments mis à nu et la cruauté qui peut naître de nos relations. On en ressort le coeur retourné sans trop savoir pourquoi, sans doute qu’on n’avait jamais reçu pareil discours, aussi juste, de manière aussi crue. Grand film, mais exigeant par la forme.
Everyone Else de Maren Ade
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Sous ses airs de Voyage en Italie, Everyone Else ausculte les maux d’un couple moderne. Un peu froid malgré le décor et l’ambiance solaire, un peu plombé par des fautes de rythme, le second film de Maren Ade touche pourtant relativement juste en ce qui concerne les relations au sein du couple. On en sort un peu groggy, avec la sensation d’avoir vécu une parenthèse de cinéma douloureuse malgré la beauté brute des images. Si le film est imparfait et ne touchera qu’une frange du public qui s’y retrouvera quelque part, il contient des émotions à vif et un conflit amoureux qui parviennent à nous bouleverser au plus profond, puisant sa force du décalage entre la beauté du paysage environnant et l’âpreté des sentiments illustrés.
Le Monde de Narnia : l’odyssée du passeur d’aurore de Michael Apted
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Suite médiocre d’un Prince Caspian surprenant, l’Odyssée du Passeur d’aurore semble bien parti pour enterrer pour de bon une saga enfantine pleine de promesses. L’aventure n’est pas au rendez-vous, le film est avare en action, construit sans le moindre équilibre et joue d’ellipses narratives agaçantes. Pire, il manque là-dedans un méchant digne de ce nom qui aurait imposé une menace et de véritables enjeux dramatiques. Au lieu de ça on se farcit une aventure faiblarde au rythme boitillant, portée par de rares coups d’éclats et des acteurs au regard vide. Sans oublier le retour de la métaphore religieuse bien lourde qui apparaît dans le final pour conclure sur une belle envie de vomir. C’est dommage car visuellement le film a de la gueule mais il s’avère très oubliable et sans grand intérêt.
Holiday de Guillaume Nicloux
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Holiday porte bien son titre. Guillaume Nicloux se paye des vacances et en oublie ce qui faisait la force de son cinéma. Ici la noirceur marche au rythme de l’humour, en boitillant et sans éclat, les personnages sont des clichés ambulants à tel point qu’ils en deviennent très drôle et l’enquête policière qui sert de fil rouge à cette gigantesque pièce de théâtre filmé s’avère sans grand intérêt. On ne s’attache à rien ni personne, contrairement à ces quelques adeptes des jeux masochistes et on est plus surpris par la liberté de ton et le décalage outrancier que réellement conquis par l’humour de cette comédie de moeurs assez oubliable. C’est bien beau de faire du politiquement correct, encore faut-il avoir quelque chose à raconter, ce qui n’est visiblement pas le cas dans cette farce potache gentiment trash.
Nowhere Boy de Sam Taylor-Wood
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Le sujet de Nowhere Boy, l’adolescence de John Lennon, a beau être passionnant, le premier film de Sam Taylor-Wood ne l’est pas autant. Trop engoncé dans le mythe sans jamais l’écorcher, trop académique dans le style jusqu’à en devenir fade, trop sage pour un film parlant de rock ‘n’ roll… c’est vraiment dommage car il y a ce sujet en or et la promesse d’une oeuvre plastique originale de la part d’une réalisatrice photographe. Mais non, Nowhere Boy n’est qu’un biopic de plus, pas inintéressant pour quiconque souhaite en savoir plus sur la jeunesse des Beatles car on y apprend des choses, mais auquel il manque l’essentiel: du vrai cinéma et une énergie dans la mise en scène, afin de sublimer les très bonnes compositions des acteurs.
Tolstoï, le dernier automne de Michael Hoffman
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Vaste sujet que celui de Léon Tolstoï qui se voit ici traité de façon surprenante. La pensée de l’auteur philosophe n’est inscrite qu’en filigrane, Michael Hoffman préférant s’intéresser à l’agitation qui a entouré les derniers mois du maître à penser de tout un peuple. Si les thèmes de doctrine et d’idéologie dangereuse sont plutôt bien traités, on s’ennuie quand même pas mal devant la reconstitution sublime mais mollassonne, mise en scène sans fougue ni ambition. Mais derrière ses aspects de téléfilm de luxe émergent un quatuor d’acteurs exceptionnel duquel s’élève comme souvent une Helen Mirren tout simplement bouleversante. Mais cela reste une petite déception tout de même… et un biopic raté de plus.
Bébé mode d’emploi de Greg Berlanti
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Bébé mode d’emploi c’est le prototype de la comédie romantique de fin d’année sans le moindre intérêt. Jamais vraiment drôle, jamais excitant sur le plan de la mise en scène, souffrant d’un scénario interchangeable avec d’autres comédies romantiques et qui ne surprendra personne, porté par des acteurs tantôt fades tantôt désagréables. On en retiendra pas grand chose. Quelques sourires glanés par ci par là, notamment quand Katherine Heigl se retrouve avec du caca sur la joue, mais ça ne pèse pas bien lourd dans la balance. Bébé mode d’emploi ne séduira pas grand monde et certainement pas les spectateurs un brin exigeant. Par contre c’est parfait pour Madame qui va voir un film par an et qui ne se souvient pas que celui de l’an dernier c’était le même…
Et aussi Les Trois prochains jours, remake de Pour Elle, ou encore Home for Christmas, ainsi que la reprise du Secret de la pyramide…


eh ben ça m’a l’air pas mal 4 lions…