Étrange Festival #2
Pendant que certains sont à Deauville et d’autres à Venise, nous continuons à nous délecter de la programmation fabuleuse de l’Étrange Festival qui nous propose un peu de tout, de belles surprises comme quelques semi-déceptions. Mais le tout toujours dans une ambiance top niveau, on ne le dira jamais assez ces gens font un boulot formidable!
On continue donc notre festival avec la présentation de Pontypool, objet cinématographique fascinant et première très grosse surprise.
De quoi ça parle? Les employés de la radio d’une petite ville d’Ontario sont secoués lorsqu’ils apprennent que plusieurs habitants de Pontypool meurent dans des circonstances étranges. Après plusieurs appels d’auditeurs incohérents, la paranoïa monte…
Exercice de style assez fabuleux autour des codes du film de zombies magnifiquement pervertis, un film tout en suggestion qui bénéficie d’un scénario d’une intelligence rare et d’une interprétation tip top, on attend la suite avec impatience! Lire la critique…
Puis Monsieur Alejandro Jodorowsky vient nous présenter un film de sa carte blanche, un polar coréen appelé No Mercy et qui lui a fait semble-t-il grande impression, à tel point qu’à force d’éloges il nous le survend légèrement.
De quoi ça parle? Le corps mutilé d’une femme est retrouvé près de la rivière Keum. Le légiste Kang Min-Ho se rend sur le lieu du crime pour tenter d’élucider ce meurtre. Rapidement, le suspect numéro 1 (un activiste fou d’environnement) passe aux aveux. Le problème, c’est qu’il a également kidnappé la fille du légiste responsable de son arrestation. Au cours de l’enquête, Kang Min-Ho va se rendre compte qu’il a déjà par le passé croisé le chemin du criminel.
À l’arrivée le film est clairement bon mais le choc n’est pas forcément là car il souffre bien évidemment de la comparaison avec Old Boy dont il reprend le schéma général. Un film de vengeance parfois très dur mais au final relativement inoffensif et manquant d’originalité. Lire la critique…
Puis arrive le fameux et très attendu (ou pas) LA Zombie de Bruce Labruce, présenté en présence du hardeur François Sagat et de France de Griessen.
De quoi ça parle? Des zombies envahissent le milieu gay de Los Angeles, provoquant une orgie de sang et de sexe.
Expurgé de ses scènes les plus hards (en gros il y a peu de cul à l’écran) le film ne mérite même plus son appellation de porno gay. Ce qui n’empêche qu’il s’agit d’une sombre bouse comme on n’en voit finalement très peu. On suit les déambulations d’un pseudo zombie au maquillage changeant d’une scène à l’autre et qui passe son temps à se tripoter la nouille dans ses fringues toutes crades. De temps en temps il croise des morts et les réveille en plongeant son gourdin dans leurs blessures puis erre sans but dans un Los Angeles underground. C’est franchement très mauvais, mal mis en scène, mal joué, mal éclairé, monté à la va-vite. C’est juste une catastrophe sur pellicule que Monsieur Labruce aurait mieux fait de classer parmi ses films de vacances plutôt que de vouloir le faire passer pour une errance auteuriste amateur et sans intérêt. Heureusement en préambule nous avons eu droit à un court métrage bien gore et fun appelé Treevenge, ou quand les sapins de Noël décident de se rebeller et de charcler tout le monde. Du bonheur!
Retour aux choses sérieuses le lendemain avec la présentation (enfin!) de Délivrez-nous du Mal, le dernier film du génial Ole Bornedal qui nous avait déjà bien scotché l’an dernier avec Just Another Love Story.
De quoi ça parle? À la recherche d’un nouveau mode de vie, Johannes quitte la ville avec sa femme et ses enfants pour s’installer dans le village où il a grandi. Lars, son frère alcoolique, renverse accidentellement une villageoise et présente de fausses preuves accusant un immigré du village. Sous le choc, Johannes refuse de défendre son frère et prend parti pour l’innocent…
Bon là c’est clairement une des grosses bombes du festival! Violent, sauvage, dérangeant, Délivrez-nous du Mal c’est les Chiens de Paille de Peckinpah revu et corrigé en mode danois. Un film qui laisse la trace d’une grosse claque prise en pleine gueule, du genre un peu rare. Et tout ça derrière une esthétique d’une beauté à couper le souffle. La critique arrive.
Puis on finit notre troisième jour (après la relâche du lundi consacré à l’Étrange Musique, par l’étonnant Rammbock.
De quoi ça parle? Michael se rend à Berlin pour retrouver son ex-petite amie Gabi, au moment où un terrible virus commence à se répandre en ville. Sur place, il rencontre Harper, un apprenti plombier. Ensemble, ils se barricadent pour échapper aux infectés qui encerclent l’immeuble.
Présenté par le gentil chauve bien connu des Madnautes Rurik Sallé accompagné des réalisateur et scénariste, Rammbock est un film de zombies assez étrange, quelque part entre les classiques à la Romero et une nouvelle approche privilégiant le romantisme et l’humour noir et cruel. Le film est court et va à l’essentiel, une jolie petite découverte. À noter que le film fut précédé du court métrage the Delian Mode, exercice de style musical assez fascinant comptant la vie de Delia Derbyshire, pionnière de la musique électro et auteur du générique de la série Docteur Who.
La suite très vite avec du rock, du slasher, du film interdit, bref que du bon!
Crédits photos : @ 2010 Frédéric Ambroisine







