[Critique] Légion – L’Armée des anges (Legion, 2010)

[Critique] Légion – L’Armée des anges (Legion, 2010)

Un film de Scott Stewart

Dieu a perdu foi en les hommes et il envoie les anges pour faire le ménage, sauf qu’un des archanges, Michael (ou Michel mais c’est quand même moins classe) est plutôt à tendance rebelle et décide d’aller tout seul aider les hommes. Là on se dit « chouette une série B d’action avec des anges qui se foutent sur la tronche! », c’est d’ailleurs le film qui nous a été vendu, sauf que pas du tout. Ça pouvait être un bon gros nanar ultra jouissif à prendre au 10000ème degré, le genre de film bien régressif qui soulage nos cerveaux en sur-régime et éveille notre testostérone, mais non au lieu de ça on se retrouve avec l’exact opposé. Un film radin en action, mou, bavard et forcément bien ennuyeux. Quand le seul véritable archange de la religion catholique descend sur terre, et bien ça ne donne rien d’intéressant, en grande partie à cause d’un réalisateur bien aidé (ou pas) par un second scénariste en panne totale d’inspiration. Scott Stewart vient une fois de plus confirmer que quand on vient des SFX (il est co-fondateur de la société the Orphanage, responsable des SFX sur les 3 Royaumes, Sin City, the Host ou encore Iron Man) on n’est pas forcément à même de réaliser un film. Pitof nous en avait fait l’incroyable démonstration, par 2 fois (Vidocq puis Catwoman, de quoi s’exiler sur une île et ne plus jamais se montrer en public), Scott Stewart le confirme en livrant un film navrant, devant lequel il est difficile de maintenir une attention minimale et qui ne peut même pas prétendre au statut de nanar étant donné qu’il se prend bien trop au sérieux.

Il faut avouer qu’on pouvait s’en douter un petit peu d’une telle catastrophe, et simplement en jetant un œil même distrait au casting. Déjà dans le rôle titre, Paul Bettany, qui à part Master & Commander et surtout Dogville, se traine une filmographie des plus insignifiantes. Ensuite le cast de seconds rôles, avec en tête Dennis Quaid, le type même de l’acteur dont on ne peut pas comprendre la popularité, car quand une bouse sort sur les écrans il est quasiment toujours dedans, comme un label de non-qualité. Complété par une brochette d’acteurs de troisième zone, on tient là le casting parfait pour un vrai nanar de luxe avec des anges dedans, mais même pas. En effet, le film se prend bien trop au sérieux et ne nous laisse même pas rigoler d’un second degré qui aurait pu le sauver, tout simplement car en lieu et place de grosses scènes d’action on nous sert d’interminables lignes de dialogues carrément imbuvables dans lesquelles les propos bibliques nous sont balancés avec une finesse toute pachydermique. Ça devient rapidement insupportable et pour être franc, on s’ennuie ferme.

Mais ce n’est pas tout, car l’échec est total sur Légion. En écrivant leur scénario et en le passant à l’écran, Scott Stewart et Peter Schink ont sans doute oublié que la frontière entre référence et copie est toujours très mince. Et plutôt qu’utiliser leur culture de séries B grand public pour livrer quelque chose de personnel, ils ne trouvent rien de mieux à faire que de réciter des scènes entières pompées dans de gros succès du film de genre. Alors, quand Tarantino fait ça avec des films oubliés, ça ne choque qu’une infime partie du public, mais là c’est carrément grotesque et on se dit que finalement la seule bonne idée de la chose est d’avoir sorti des visuels d’affiches superbes (même si Paul Bettany n’a des ailes que pendant 5 minutes dans le film) car pour le reste c’est du recyclage honteux et rien d’autre.

Dès la première scène, le radar à navet s’active. En gros le film reprend la structure de Terminator, se payant le luxe d’en refaire des scènes quasiment à l’identique (l’intro et le final) et remplace l’intrigue centrale par celle reprise de the Mist en enfermant tous les personnages dans une petite buvette au bord d’une route déserte. Ils y ajoutent tout un bestiaire qui va du presque-zombie (très à la mode) à l’enfant tueur (toujours efficace depuis 50 ans) en passant par la mamie obscène (après tout, ça fonctionnait très bien dans Jusqu’en Enfer alors pourquoi pas!!). Malheureusement ça ne fonctionne jamais, entre un scénario qui cherche à amener un background aussi ridicule qu’inintéressant à des personnages dont on n’a rien à foutre et des incohérences limite honteuses (mais pourquoi les anges décident d’utiliser des humains? C’est quoi ce délire avec les mouches ou le sang qui coule du plafond? Comment ceux qui viennent pour mettre en route l’apocalypse sont icapables d’entrer dans cette boutique de rien du tout??), on s’ennuie.

Et ce ne sont pas les 3 pauvres scènes d’action qui vont nous réveiller, dont une (la plus grosse en théorie) dans le noir quasi complet qui fait qu’on n’y voit absolument rien. Aucune surprise dans le récit, on espère que ces légions d’anges venus répandre le feu et la destruction mais elles n’arrivent jamais, et 2 anges on n’appelle pas vraiment ça une légion. Le duel de fin traine en longueur, la majorité des SFX sont convenables mais on s’en fout également, la mise en scène alterne le banal et le moche, les acteurs font presque de la peine de s’être embarqués dans cette galère et le générique sonne comme une libération divine d’un spectacle qui n’est même pas drôle, chiant et vraiment radin sur l’action alors qu’il n’avait besoin que de ce côté bourrin pour devenir sympathique.

Comme dirait l’autre « Tu n’ira point le voir au cinéma »


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