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[Critique] Jeux de Pouvoir (2009)

 
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Bottom Line

Comment condenser en 2h, aux USA, une mini série anglaise de 6h au ton critique et agressif, pour en faire un bon film politique? Avec un excellent tandem de scénaristes c’est beaucoup plus simple! Tony Gilroy (trilogie Bourne, Michael Clayton) et Matthew Michael Carnahan (Lions et Agneaux, Le Royaume) sont chargés d’épurer le récit et [...]

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Posté le 1 juillet 2009 par

 
Critique
 
 

Comment condenser en 2h, aux USA, une mini série anglaise de 6h au ton critique et agressif, pour en faire un bon film politique? Avec un excellent tandem de scénaristes c’est beaucoup plus simple! Tony Gilroy (trilogie Bourne, Michael Clayton) et Matthew Michael Carnahan (Lions et Agneaux, Le Royaume) sont chargés d’épurer le récit et de le transposer à Washington, la réalisation est confiée à l’ex-documentariste de talent Kevin Macdonald (La Mort Suspendue, Un Jour en Septembre) reconverti dans la fiction avec le Dernier Roi d’Écosse, un casting quatre étoiles et réunit (même si Brad Pitt et Ed Norton qu’on se faisait une joie de retrouver ensemble ont quitté le projet) pour un résultat passionnant de bout en bout, un thriller politique et journalistique doté d’un scénario en or massif comme on avait perdu l’habitude d’en voir. S’il ne possède pas la force des Hommes du Président de Pakula, c’est bien vers ce genre de cinéma qu’il tend…

En même temps ce dernier est devenu une référence indétrônable, symbole d’un cinéma engagé des années 70. Ce Jeux de Pouvoir se veut une démonstration de l’influence des différents pouvoir politiques américains, et en particulier du quatrième, la presse. On peut se demander si la vision qu’on nous en donne n’est pas légèrement utopique car si on voit bien les relations journalistes/hommes politiques, la presse semble bien libre dans ses actions… On passera ce point sous silence car il s’agit d’une fiction qui ne se veut pas vraiment un brûlot dénonciateur mais tout de même on peut se permettre de remettre cet aspect en cause…

jeux de pouvoir 1 [Critique] Jeux de Pouvoir (2009)

Ce petit bémol excusé, reste un film très ambitieux au scénario d’une précision infaillible. Le tout s’avère prenant de bout en bout, passe beaucoup mieux que le trop long Raisons d’état de De Niro qui surfait sur la même vague, le réalisme en plus. C’est passionnant, plein de rebondissements qui viennent imprimer un rythme qui ne faiblit presque jamais, contrairement à beaucoup de films qui s’aventurent sur le terrain dangereux du film de complot, propice aux longues explications à rallonges, ennuyeuses. Rien de tout ça ici, et même le twist final, procédé qui me répugne de plus en plus tellement il est souvent utiliser comme facilité scénaristique ou pour renier tout ce qui avait été montré plus tôt, passe très bien, on ne s’y attend pas vraiment et il rend finalement le tout encore plus humain.

Niveau casting c’est presque le sans faute. la distribution est bien entendu dominée par un Russel Crowe une fois de plus impérial en vieux briscard du journalisme, un peu ours sur les bords et qui manque terriblement d’objectivité. A ses côtés Rachel McAdams est également excellente, pleine d’ambition et de spontanéité, et tous les seconds rôles assurent: Helen Mirren qui reprend le rôle de Bill Nighy, Robin Wright Penn en femme trompée, et Jeff Daniels en pourriture de luxe qui a droit à la plus belle scène du film avec Russel Crowe, un moment de malaise impressionnant. Par contre dans les premiers rôles il y a aussi Ben Affleck… C’est facile de lui taper dessus, tout le monde le fait très bien sauf que là il semble y croire, joue très bien mais le problème c’est qu’il n’a pas vraiment le physique de l’emploi!! Un homme de son rang aussi jeune, on a du mal à y croire…

jeux de pouvoir 2 [Critique] Jeux de Pouvoir (2009)

Côté mise en scène, le sujet n’est pas vraiment propice à des excentricités donc ça reste très posé avec quelques passages caméra à l’épaule toujours bien sentis. Le boulot de Macdonald et du directeur de la photographie (le génial Rodrigo Prieto) sur l’image est à tomber, alternant différents types de caméra selon qu’à l’écran on s’intéresse aux journalistes ou aux politiques. Bref c’est un film très sérieux, qui se suit sans temps mort et qui passionne de bout en bout. Il manque par contre la petite étincelle qui en ferait un film inoubliable à l’image de ces classiques des années 70 mais qu’importe, c’est une réussite dans le genre, un genre qui est un peu déserté ces derniers temps…


Nicolas Gilli

 
A créé Filmosphere fin 2009. Bouffe des quantités gastronomiques de films chaque semaine et s'est mis en tête de partager au mieux ses impressions et réflexions sur tout ce qui atterrit au cinéma, ou presque. Avec pour grandes passions la série B à tendance bourrin ou les merveilles en provenance d'Asie. Réalisateurs contemporains préférés : Wong Kar-wai, Terrence Malick, Michael Mann, James Gray, Bong Joon-ho, Guillermo Del Toro, les frères Coen et Tsui Hark.


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