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[Critique] Bichunmoo (2000)

 
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Bottom Line

Un Wu Xia Pian coréen… c’est pas souvent bon signe tant le genre appartient seulement à Hong Kong, toutes les autres tentatives en dehors se soldant le plus souvent par des échecs artistiques. En plus celui-ci est l’une des premières tentatives à arriver jusqu’à nous, il a donc un peu servi à essuyer les plâtres. [...]

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Posté le 27 juillet 2009 par

 
Critique
 
 

Un Wu Xia Pian coréen… c’est pas souvent bon signe tant le genre appartient seulement à Hong Kong, toutes les autres tentatives en dehors se soldant le plus souvent par des échecs artistiques. En plus celui-ci est l’une des premières tentatives à arriver jusqu’à nous, il a donc un peu servi à essuyer les plâtres. Sauf que c’est pas ça du tout! Bichunmoo est de loin le meilleur film de sabre en provenance du pays du matin calme, de très loin même! Et s’il ne révolutionne pas le genre, faut pas trop en demander non plus, il se pose comme une véritable réussite, faisant jeu égal avec pas mal de productions HK… La raison est finalement simple, si les personnages ne parlaient pas coréen on pourrait très bien penser que le film vient de Hong Kong! Les décors, la mise en scène… ce film pourrait très bien être réalisé par Tsui Hark que ça ne choquerait pas!

D’ailleurs, le génie fou furieux chinois est la plus grosse influence de Kim Young-Jun, cela se ressent à chaque plan. J’avais lu chez Sancho does Asia que Bichunmoo c’était la rage de The Blade mélangée à la beauté de The Lovers… et c’est carrément ça! La trame principale rejoint d’ailleurs ce dernier dans les grandes lignes (bon c’est une histoire vieille comme le monde il faut dire), les deux sont amoureux, elle est princesse, il n’est rien du tout, ils s’aiment mais ne pourront jamais vraiment être ensemble… C’est vrai que c’est carrément du déjà vu mais ce genre d’histoire d’amour reste toujours efficace car tragique. Mais heureusement il ne s’agit pas que d’une romance, c’est bel et bien un pur WXP.

bichunmoo 1 [Critique] Bichunmoo (2000)

Et pour bien montrer qu’on connaît ses gammes rien de tel qu’une scène d’ouverture qui envoie du lourd! Des ninjas qui marchent sur l’eau, des combats dans tous les sens avec une caméra virevoltante, un coup d’épée magistral qui découpe dix personnes alignées… c’est bon, je suis conquis! On retrouve dans ce combat la même énergie dans la mise en scène qui fait tout le charme des films de sabre chinois, les mêmes chorégraphies aériennes… d’ailleurs l’action ne se déroule pas du tout en Corée mais en Chine, sous l’occupation mongole du 14ème siècle. Non, il n’y a vraiment que la langue qui laisse voir la provenance du film…

Sur presque deux heures on va suivre en parallèle l’histoire d’amour chaotique de Sullie et Jinha et la quête vengeresse de ce dernier, sur une toile de fond mêlée de politique, trahisons et luttes de pouvoir… L’histoire est passionnante, le scénario bien construit mais qui souffre d’un montage qui alterne le très bon (les scènes d’action sont des modèles de précision) et le mauvais (certains flash backs sont très mal positionnés), donc le résultat c’est que le spectateur est parfois perdu dans le récit, avec par exemple l’apparition de certains personnages qui semblent importants mais qu’on a pas vu venir… c’est le gros point faible du film, même q’il ne gâche pas vraiment le plaisir. Après tout les histoires brouillons à HK c’est monnaie courante!

bichunmoo 2 [Critique] Bichunmoo (2000)

Par contre au niveau de la mise en scène et de la photo, rien à redire, c’est vraiment très beau et très maîtrisé. Une fois de plus la capacité du cinéma coréen à proposer des oeuvres visuellement splendides impressionne, comme la maîtrise dont font preuve ces réalisateurs sur leurs premiers films, ce qui est le cas ici!!

De plus Bichunmoo bénéficie d’une interprétation sans faille, ce qui permet à tous ces nombreux personnages complexes et torturés de prendre une belle ampleur. Au centre Jinha, héros tragique interprété par Shin Hyeon-Jun qui retrouvera le réalisateur sur Shadowless Sword, et Sullie, la très jolie Kim Hee-seon qu’on a pu voir dans The Myth de Stanley Tong.

Le constat est sans appel, Bichunmoo est clairement le meilleur film de sabre made in Corée mais il supporte en plus très bien la comparaison face à ses modèles made in HK! C’est une franche réussite sur tous les niveaux, ambitieux, virevoltant, tragique… avec un scénario digne de Shakespeare qui ne souffre que de très rares ralentissements, et d’un pathos un peu trop appuyé dans la dernière partie… Mais il y a un vrai souffle épique, un héros au charisme épatant, et un Wu Xia Pian avec des combats aussi bien foutus de toute façon c’est forcément une réussite!! Vraiment à voir, car c’est un film assez universel, qui devrait plaire à un large public mais qui doit ravir les amateurs de ce cinéma là en particulier!


Nicolas Gilli

 
A créé Filmosphere fin 2009. Bouffe des quantités gastronomiques de films chaque semaine et s'est mis en tête de partager au mieux ses impressions et réflexions sur tout ce qui atterrit au cinéma, ou presque. Avec pour grandes passions la série B à tendance bourrin ou les merveilles en provenance d'Asie. Réalisateurs contemporains préférés : Wong Kar-wai, Terrence Malick, Michael Mann, James Gray, Bong Joon-ho, Guillermo Del Toro, les frères Coen et Tsui Hark.


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