Random Article


 
News
 

[Critique] Clean, Shaven (1993)

 
Note
 
 
 
 
 
/ 5


User Rating
no ratings yet

 


Bottom Line

Avec un titre qui sonne comme un souvenir du court métrage de Scorsese (The Big Shave, dont ce film se rapproche sur de nombreux points), Clean, Shaven nous entraîne dans la tête d’un malade mental à la recherche d’une partie de son passé. Un personnage difficile à cerner, torturé, méfiant, capable de crises effrayantes… En [...]

0
Posté le 25 avril 2009 par

 
Critique
 
 

Avec un titre qui sonne comme un souvenir du court métrage de Scorsese (The Big Shave, dont ce film se rapproche sur de nombreux points), Clean, Shaven nous entraîne dans la tête d’un malade mental à la recherche d’une partie de son passé. Un personnage difficile à cerner, torturé, méfiant, capable de crises effrayantes… En parallèle on suit l’enquête d’un flic sur le meurtre sauvage d’une fillette, à quelques kilomètres.

clean shaven 1 [Critique] Clean, Shaven (1993)

Kerrigan, dont le monde a unanimement salué son dernier film, Keane, signe ici un premier long métrage d’une puissance incroyable, une plongée dans l’esprit d’un homme ayant perdu contact avec la réalité, une histoire dramatique et éprouvante dont on ne sort pas indemne.

Entrer dans le cerveau d’un malade n’est pas une expérience que l’on fait tous les jours, les films qui ont réussi ce pari ne s’oublient jamais (Henry, portrait d’un serial killer, Angst…). Dans Clean, Shaven, Kerrigan utilise tous les outils à sa disposition pour que l’expérience soit intense. Le film est court (1h15), la mise en scène débarrassée de tout artifice, des cadrages précis mais terriblement froids, une utilisation extrême des effets sonores et un acteur plus que possédé. C’est sans doute le meilleur rôle de Peter Greene (l’inoubliable Zed de Pulp Fiction), un acteur malheureusement ensuite cantonné aux films pas vraiment recommandables…

On est propulsé dès les premières images dans ce quis era le fond sonore de tout le film, des voix semblant venir d’une radio et qui lui dictent ses actes, des sons stridents… l’identification du spectateur est immédiate, désagréable, dérangeante. Petit à petit on comprend qui il est, ce qu’il a vécu et qui l’a emmené à l’état dans lequel il se trouve. La rencontre avec sa mère est horrible, signe de très mauvais souvenirs. Lui qui se recherche une humanité en voulant revoir sa fille se heurte à cette vieille femme qui vit dans le passé. Pas loin, le détective peine avec le meurtre de la fillette mais va doucement s’identifier également à l’esprit torturé.

clean shaven 2 [Critique] Clean, Shaven (1993)

Kerrigan ne lésine pas sur les scènes choquantes pour bien nous montrer la souffrance mentale qui se traduit souvent par la souffrance physique. Une scène en particulier va très très loin… on a beau avoir l’habitude voir des trucs dégueulasses, quand c’est ancré dans un réalisme absolu ça fait toujours un drôle d’effet!

Film profondément triste, Clean, Shaven est une réussite éblouissante malgré sa noirceur totale, un film qui retourne durablement pas forcément par ses images mais par son propos. Film silencieux qui appelle à la réflexion et au ressenti, il ne parlera pas de la même façon à tout le monde. Traduisant à merveille l’idée qu’en s’enfermant dans sa bulle il y a un risque immense d’être pris pour quelqu’un d’autre, il nous montre une galerie de personnages perdus, tous à leur façon… Le final est à l’image de l’oeuvre, sublime et bouleversant.


Nicolas Gilli

 
A créé Filmosphere fin 2009. Bouffe des quantités gastronomiques de films chaque semaine et s'est mis en tête de partager au mieux ses impressions et réflexions sur tout ce qui atterrit au cinéma, ou presque. Avec pour grandes passions la série B à tendance bourrin ou les merveilles en provenance d'Asie. Réalisateurs contemporains préférés : Wong Kar-wai, Terrence Malick, Michael Mann, James Gray, Bong Joon-ho, Guillermo Del Toro, les frères Coen et Tsui Hark.


0 Comments



Be the first to comment!


Laisser un commentaire